L'ATOME QUANTIQUE
139
du 5 avril 1913, parut en juillet. Les deuxième et troisième
parties, publiées en septembre et novembre, présentaient
avec plus de rigueur les idées concernant la disposition
possible des électrons à l'intérieur de divers atomes, idées qui
occuperaient Bohr toute la décennie suivante quand il utiliserait son atome quantique pour expliquer la table périodique
et les propriétés connues des éléments.
Bohr avait construit son atome en utilisant un capiteux
cocktail à base de physique classique et quantique. Ce faisant,
il avait attenté aux principes de la physique établie en proposant: que les électrons à l'intérieur des atomes ne puissent
occuper que certaines orbites, les états stationnaires ; que les
électrons ne puissent rayonner de l'énergie tant qu'ils sont
sur ces orbites; qu'un atome ne puisse se trouver que dans
un seul d'une série d'états d'énergie discrets, le moins élevé
étant l'« état fondamental » ; que les électrons puissent « d'une
manière ou d'une autre» sauter d'un état stationnaire
d'énergie élevé à un état stationnaire d'énergie moins élevé,
la différence d'énergie entre les deux étant émise sous forme
d'un quantum d'énergie. Or ce modèle prédisait correctement diverses propriétés de l'atome d'hydrogène telles que
son rayon, et fournissait une explication physique de la
production des raies spectrales. L'atome quantique, dirait
Rutherford plus tard, était «un triomphe de l'esprit sur la
matière » et jusqu'à ce que Bohr le dévoile, il croyait qu'« il
faudrait des siècles 36 » pour résoudre le mystère des raies
spectrales.
La vraie mesure de la réussite de Bohr fut donnée par les
réactions initiales à son atome quantique. Il fit l'objet d'une
première discussion publique le 12 septembre 1913 lors du
83e congrès annuel de l'Association britannique pour l'avancement de la science (BAAS), qui se tenait cette année-là à
Birmingham. Les réactions furent mesurées et mitigées.
J.J. Thomson, Rutherford, Rayleigh et Jeans étaient tous là,
tandis que la délégation étrangère incluait des sommités
comme Lorentz et Marie Curie. «Les hommes de plus de
soixante-dix ans ne devraient pas se hâter d'exprimer leur
opinion sur des théories nouvelles», fut la réponse diploma-
Précédent

- 136/537

Suivant