LE DANOIS EN OR
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échangeait des idées, où on en discutait dans un esprit de
coopération, où personne n'avait peur de s'exprimer, même
un nouveau venu. Au centre trônait Rutherford, dont Bohr
savait qu'il était toujours prêt «à écouter n'importe quel
jeune, quand il avait l'impression qu'il avait la moindre idée,
si modeste soit-elle, derrière la tête 65 ». La seule chose que
Rutherford ne puisse pas tolérer, c'était le «style pompeux».
Bohr adorait ces conversations.
Contrairement à Einstein, qui s'exprimait facilement à
l'oral comme à l'écrit, Bohr s'interrompait souvent tandis
qu'il s'escrimait à trouver l'expression correcte, que ce soit en
danois, en anglais ou en allemand. Quand Bohr parlait,
c'était souvent qu'il pensait tout haut dans sa recherche de la
clarté. Ce fut pendant une de ces pauses de fin d'après-midi
qu'il rencontra le Suédois George de Hevesy, futur prix
Nobel de chimie 1943 pour son élaboration de la technique
de marquage radioactif qui deviendrait un puissant outil de
diagnostic en médecine, avec de multiples applications en
recherche chimique et biologique.
Étrangers sur le sol britannique, parlant une langue qu'ils
ne maîtrisaient pas encore, ils se lièrent facilement d'une
amitié qui dura toute leur vie. «Il savait comment se rendre
utile à un étranger 66 », dit Bohr en se rappelant comment
Hevesy, qui n'avait que quelques mois de plus que lui, l'aida
à s'intégrer en douceur à la vie du laboratoire. Ce fut
pendant leurs conversations que Bohr commença pour la
première fois à se concentrer sur l'atome, lorsque Hevesy lui
expliqua qu'on avait découvert tellement d'éléments radioactifs qu'il n'y avait plus assez de place pour les loger tous dans
la table périodique. Les noms mêmes donnés à ces « radioéléments » engendrés au cours du processus de désintégration
radioactive où un atome en devient un autre, témoignaient
de l'incertitude et de la confusion entourant leur place
exacte au sein du royaume atomique : uranium X, actinium
B, thorium Cet mésothorium. Mais, dit Hevesy à Bohr, Frederick Soddy, l'ancien collaborateur de Rutherford à Montréal,
avait émis une suggestion qui résoudrait peut-être le
problème.
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échangeait des idées, où on en discutait dans un esprit de
coopération, où personne n'avait peur de s'exprimer, même
un nouveau venu. Au centre trônait Rutherford, dont Bohr
savait qu'il était toujours prêt «à écouter n'importe quel
jeune, quand il avait l'impression qu'il avait la moindre idée,
si modeste soit-elle, derrière la tête 65 ». La seule chose que
Rutherford ne puisse pas tolérer, c'était le «style pompeux».
Bohr adorait ces conversations.
Contrairement à Einstein, qui s'exprimait facilement à
l'oral comme à l'écrit, Bohr s'interrompait souvent tandis
qu'il s'escrimait à trouver l'expression correcte, que ce soit en
danois, en anglais ou en allemand. Quand Bohr parlait,
c'était souvent qu'il pensait tout haut dans sa recherche de la
clarté. Ce fut pendant une de ces pauses de fin d'après-midi
qu'il rencontra le Suédois George de Hevesy, futur prix
Nobel de chimie 1943 pour son élaboration de la technique
de marquage radioactif qui deviendrait un puissant outil de
diagnostic en médecine, avec de multiples applications en
recherche chimique et biologique.
Étrangers sur le sol britannique, parlant une langue qu'ils
ne maîtrisaient pas encore, ils se lièrent facilement d'une
amitié qui dura toute leur vie. «Il savait comment se rendre
utile à un étranger 66 », dit Bohr en se rappelant comment
Hevesy, qui n'avait que quelques mois de plus que lui, l'aida
à s'intégrer en douceur à la vie du laboratoire. Ce fut
pendant leurs conversations que Bohr commença pour la
première fois à se concentrer sur l'atome, lorsque Hevesy lui
expliqua qu'on avait découvert tellement d'éléments radioactifs qu'il n'y avait plus assez de place pour les loger tous dans
la table périodique. Les noms mêmes donnés à ces « radioéléments » engendrés au cours du processus de désintégration
radioactive où un atome en devient un autre, témoignaient
de l'incertitude et de la confusion entourant leur place
exacte au sein du royaume atomique : uranium X, actinium
B, thorium Cet mésothorium. Mais, dit Hevesy à Bohr, Frederick Soddy, l'ancien collaborateur de Rutherford à Montréal,
avait émis une suggestion qui résoudrait peut-être le
problème.
