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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
trons -, mais il ne le dit jamais en public, car il ne disposait
que de preuves purement indirectes. À présent, presque dix
ans après avoir découvert les rayons alpha, Ruthexford espérait trouver une preuve définitive de leur vrai caractère. Les
rayons bêta avaient déjà été identifiés comme des électrons
rapides. Avec l'aide d'un autre jeune assistant, un Allemand
de vingt-cinq ans, Hans Geiger, Ruthexford confirma en été
1908 ce qu'il soupçonnait depuis longtemps: que la particule
alpha était effectivement un atome d'hélium qui avait perdu
deux électrons.
« Cette diffusion est diabolique 117 », s'était plaint Rutherford quand Geiger et lui essayaient de démasquer la particule alpha. Il avait remarqué cet effet pour la première fois
deux ans plus tôt à Montréal, lorsque quelques particules
alpha qui avaient traversé une feuille de mica avaient légèrement dévié de leur trajectoire rectiligne, causant ainsi du
flou sur une plaque photographique. Après son arrivée à
Manchester, Ruthexford avait rapidement dressé une liste de
sujets de recherche potentiels. Il demanda alors à Geiger
d'étudier un article de la liste - la diffusion des particules
alpha.
Ensemble, ils conçurent une expérience simple impliquant
le comptage des scintillations, minuscules éclairs produits par
les particules alpha quand elles frappent un écran en papier
revêtu de sulfure de zinc après avoir traversé une mince
feuille d'or. Compter les scintillations était une tâche ardue
impliquant de passer de longues heures dans l'obscurité
totale. Par bonheur, d'après Ruthexford, Geiger était un
« bourreau de travail qui pouvait de temps à autre compter
toute une nuit sans que sa sérénité en soit perturbée 38 ». Il
constata que les particules alpha soit traversaient directement
la feuille d'or, soit étaient déviées de un ou deux degrés seu1ement. C'était prévu. Mais Geiger signala que quelques ~articules alpha « étaient déviées d'un angle très appréciable 9 ».
Avant de pouvoir envisager les implications - éventuelles -
des résultats de Geiger, Ruthexford reçut le prix Nobel de
chimie en novembre 1908 pour avoir découvert que la
radioactivité était la transformation d'un élément en un
autre. Lui qui considérait « toute la science comme soit de la
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trons -, mais il ne le dit jamais en public, car il ne disposait
que de preuves purement indirectes. À présent, presque dix
ans après avoir découvert les rayons alpha, Ruthexford espérait trouver une preuve définitive de leur vrai caractère. Les
rayons bêta avaient déjà été identifiés comme des électrons
rapides. Avec l'aide d'un autre jeune assistant, un Allemand
de vingt-cinq ans, Hans Geiger, Ruthexford confirma en été
1908 ce qu'il soupçonnait depuis longtemps: que la particule
alpha était effectivement un atome d'hélium qui avait perdu
deux électrons.
« Cette diffusion est diabolique 117 », s'était plaint Rutherford quand Geiger et lui essayaient de démasquer la particule alpha. Il avait remarqué cet effet pour la première fois
deux ans plus tôt à Montréal, lorsque quelques particules
alpha qui avaient traversé une feuille de mica avaient légèrement dévié de leur trajectoire rectiligne, causant ainsi du
flou sur une plaque photographique. Après son arrivée à
Manchester, Ruthexford avait rapidement dressé une liste de
sujets de recherche potentiels. Il demanda alors à Geiger
d'étudier un article de la liste - la diffusion des particules
alpha.
Ensemble, ils conçurent une expérience simple impliquant
le comptage des scintillations, minuscules éclairs produits par
les particules alpha quand elles frappent un écran en papier
revêtu de sulfure de zinc après avoir traversé une mince
feuille d'or. Compter les scintillations était une tâche ardue
impliquant de passer de longues heures dans l'obscurité
totale. Par bonheur, d'après Ruthexford, Geiger était un
« bourreau de travail qui pouvait de temps à autre compter
toute une nuit sans que sa sérénité en soit perturbée 38 ». Il
constata que les particules alpha soit traversaient directement
la feuille d'or, soit étaient déviées de un ou deux degrés seu1ement. C'était prévu. Mais Geiger signala que quelques ~articules alpha « étaient déviées d'un angle très appréciable 9 ».
Avant de pouvoir envisager les implications - éventuelles -
des résultats de Geiger, Ruthexford reçut le prix Nobel de
chimie en novembre 1908 pour avoir découvert que la
radioactivité était la transformation d'un élément en un
autre. Lui qui considérait « toute la science comme soit de la
