PROLOGUE
13
robinet. Dans l'univers quotidien du macroscopique, où
régnait en maîtresse absolue la physique de Newton, l'eau
pouvait bien tomber goutte à goutte d'un robinet, mais
l'énergie ne s'échangeait pas sous forme de gouttelettes de
taille variable. Or l'univers atomique et subatomique de la
réalité était le domaine du quantum.
Avec le temps, on découvrit que l'énergie d'un électron à
l'intérieur d'un atome était « quantifiée » ; il ne pouvait
posséder que certaines quantités d'énergie et non d'autres. Il
en était de même d'autres propriétés physiques, et on
s'aperçut que l'univers microscopique était grumeleux et
discontinu et non un modèle réduit du monde à grande
échelle habité par les humains, où les propriétés physiques
varient sans heurts ni solutions de continuité, où aller de A en
C implique de passer par B. Or la physique quantique révéla
qu'un électron dans un atome peut être en un endroit et
puis, comme par magie, réapparaître en un autre endroit,
sans avoir été nulle part entre les deux, en émettant ou en
absorbant un quantum d'énergie. C'était un phénomène qui
échappait aux compétences de la physique classique non
quantique. C'était aussi bizarre que si un objet disparaissait
mystérieusement à Londres et réapparaissait un instant plus
tard à Paris, New York ou Moscou.
Au début des années 1920, il était depuis longtemps manifeste que la progression de la physique quantique sur une
base ad hoc fragmentaire ne lui avait conféré ni fondement
solide ni structure logique. De cet état de confusion et de
crise émergea une audacieuse nouvelle théorie appelée mécanique quantique. L'image de l'atome comme système solaire
miniature où les électrons gravitent autour du noyau, encore
enseignée aujourd'hui dans les écoles, fut abandonnée et
remplacée par un atome qu'il était impossible de se représenter. Puis, en 1927, Werner Heisenberg fit une découverte
qui heurtait tellement le bon sens que même lui, le Wunderkind, l'enfant prodige de la mécanique quantique, eut du mal
au début à en saisir la signification. Le principe d'incertitude
énonçait que, si l'on voulait connaître la vélocité exacte d'une
particule, alors on ne pouvait en connaître la position exacte,
et vice versa.
13
robinet. Dans l'univers quotidien du macroscopique, où
régnait en maîtresse absolue la physique de Newton, l'eau
pouvait bien tomber goutte à goutte d'un robinet, mais
l'énergie ne s'échangeait pas sous forme de gouttelettes de
taille variable. Or l'univers atomique et subatomique de la
réalité était le domaine du quantum.
Avec le temps, on découvrit que l'énergie d'un électron à
l'intérieur d'un atome était « quantifiée » ; il ne pouvait
posséder que certaines quantités d'énergie et non d'autres. Il
en était de même d'autres propriétés physiques, et on
s'aperçut que l'univers microscopique était grumeleux et
discontinu et non un modèle réduit du monde à grande
échelle habité par les humains, où les propriétés physiques
varient sans heurts ni solutions de continuité, où aller de A en
C implique de passer par B. Or la physique quantique révéla
qu'un électron dans un atome peut être en un endroit et
puis, comme par magie, réapparaître en un autre endroit,
sans avoir été nulle part entre les deux, en émettant ou en
absorbant un quantum d'énergie. C'était un phénomène qui
échappait aux compétences de la physique classique non
quantique. C'était aussi bizarre que si un objet disparaissait
mystérieusement à Londres et réapparaissait un instant plus
tard à Paris, New York ou Moscou.
Au début des années 1920, il était depuis longtemps manifeste que la progression de la physique quantique sur une
base ad hoc fragmentaire ne lui avait conféré ni fondement
solide ni structure logique. De cet état de confusion et de
crise émergea une audacieuse nouvelle théorie appelée mécanique quantique. L'image de l'atome comme système solaire
miniature où les électrons gravitent autour du noyau, encore
enseignée aujourd'hui dans les écoles, fut abandonnée et
remplacée par un atome qu'il était impossible de se représenter. Puis, en 1927, Werner Heisenberg fit une découverte
qui heurtait tellement le bon sens que même lui, le Wunderkind, l'enfant prodige de la mécanique quantique, eut du mal
au début à en saisir la signification. Le principe d'incertitude
énonçait que, si l'on voulait connaître la vélocité exacte d'une
particule, alors on ne pouvait en connaître la position exacte,
et vice versa.
