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1 • Comprendre et maîtriser les effets dynamiques de l’électricité
ment à distinguer les corps « électriques » (le terme naît sous sa plume) des corps
magnétiques [14]. Il explore méthodiquement les abords de l’aimant à l’aide d’une
aiguille aimantée et étudie ainsi le magnétisme de la terre. Si ces investigations le
conduisent à pressentir la notion de champ
(1) , ces discussions sur le processus de
désaimantation du fer à haute température n’en sont pas moins troublantes : plus de
300 ans avant la théorie des domaines de Weiss, il interprète le phénomène comme
une modification interne de la « forme » du matériau !
Les observations relatives à l’électricité s’intensifient au cours des deux siècles
suivants. Grâce aux expériences menées au milieu du XVII
e par Otto von Guericke
(1602-1686), bourgmestre de Magdebourg, il est désormais possible d’obtenir les
effluves électriques (et les étincelles qui manifestent leur existence) à l’aide de machines électromécaniques de plus en plus efficaces. Il est alors possible d’étudier
plus systématiquement la nature et les propriétés de l’électricité. La distinction entre
conducteurs et isolants est ainsi effective dès 1729, grâce aux travaux de Stephen
Gray (1666-1736) qui expérimente le transport de la « vertu électrique » au moyen de
divers matériaux. Il parvient même à la communiquer sans contact, par « influence ».
Quelques années plus tard, les travaux de Charles de Cisternay Du Fay (1698-1739)
conduisent à distinguer l’électricité positive (dite « vitreuse ») de l’électricité négative (dite « résineuse »), grâce aux forces non seulement attractives mais également
répulsives qu’engendre leur combinaison. En 1788, Charles-Augustin de Coulomb
(1736-1806) publie la loi suivant laquelle la force répulsive s’exerçant entre deux
petites sphères chargées d’une électricité de même nature varie en raison inverse du
carré de la distance séparant leur centre. Il appliquera également cette loi pour caractériser l’attraction ou la répulsion des « masses magnétiques ». Si cent ans après
la publication des Principia de Newton, une telle loi semblait naturelle
(2) , il faut
cependant souligner que la validité de sa démonstration tient au développement de
moyens métrologiques particulièrement fiables. C’est en effet à l’issue d’études poussées sur le frottement et la torsion que Charles-Augustin de Coulomb sera en mesure
de construire la balance de torsion avec laquelle il établira avec rigueur et précision
la loi qui porte son nom.
L’invention de la pile électrique par Alessandro Volta (1745-1827) constitue sans
nul doute la clef du développement rapide de l’électrodynamique au cours du XIX
e
siècle. Présenté le 9 novembre 1800 à l’occasion d’une démonstration organisée à
(1) William Gilbert reconnaît l’existence d’une force d’origine électrique (due à l’émanation « d’effluves »),
mais réfute la notion de force magnétique. Il préfère parler de « forme » ou « d’âme » pour appréhender
les causes du magnétisme. Néanmoins, par le biais des actions mécaniques subies par le corps d’épreuve
que constitue son aiguille aimantée, il définit implicitement et détermine localement ce que nous appelons
aujourd’hui le champ magnétique.
(2) Dès 1744, Joseph Priestley (1733-1804) avait suggéré une loi en raison inverse du carré de la distance.
Celle-ci fut également vérifiée en 1772 par Henry Cavendish (1731-1810) à l’occasion de sa célèbre expérience sur les sphères concentriques. Toutefois, l’idée d’une action à distance s’exerçant à travers le vide
mit un certain temps à être acceptée des savants français, enfermés pour certains dans un cartésianisme
dogmatique.
1 • Comprendre et maîtriser les effets dynamiques de l’électricité
ment à distinguer les corps « électriques » (le terme naît sous sa plume) des corps
magnétiques [14]. Il explore méthodiquement les abords de l’aimant à l’aide d’une
aiguille aimantée et étudie ainsi le magnétisme de la terre. Si ces investigations le
conduisent à pressentir la notion de champ
(1) , ces discussions sur le processus de
désaimantation du fer à haute température n’en sont pas moins troublantes : plus de
300 ans avant la théorie des domaines de Weiss, il interprète le phénomène comme
une modification interne de la « forme » du matériau !
Les observations relatives à l’électricité s’intensifient au cours des deux siècles
suivants. Grâce aux expériences menées au milieu du XVII
e par Otto von Guericke
(1602-1686), bourgmestre de Magdebourg, il est désormais possible d’obtenir les
effluves électriques (et les étincelles qui manifestent leur existence) à l’aide de machines électromécaniques de plus en plus efficaces. Il est alors possible d’étudier
plus systématiquement la nature et les propriétés de l’électricité. La distinction entre
conducteurs et isolants est ainsi effective dès 1729, grâce aux travaux de Stephen
Gray (1666-1736) qui expérimente le transport de la « vertu électrique » au moyen de
divers matériaux. Il parvient même à la communiquer sans contact, par « influence ».
Quelques années plus tard, les travaux de Charles de Cisternay Du Fay (1698-1739)
conduisent à distinguer l’électricité positive (dite « vitreuse ») de l’électricité négative (dite « résineuse »), grâce aux forces non seulement attractives mais également
répulsives qu’engendre leur combinaison. En 1788, Charles-Augustin de Coulomb
(1736-1806) publie la loi suivant laquelle la force répulsive s’exerçant entre deux
petites sphères chargées d’une électricité de même nature varie en raison inverse du
carré de la distance séparant leur centre. Il appliquera également cette loi pour caractériser l’attraction ou la répulsion des « masses magnétiques ». Si cent ans après
la publication des Principia de Newton, une telle loi semblait naturelle
(2) , il faut
cependant souligner que la validité de sa démonstration tient au développement de
moyens métrologiques particulièrement fiables. C’est en effet à l’issue d’études poussées sur le frottement et la torsion que Charles-Augustin de Coulomb sera en mesure
de construire la balance de torsion avec laquelle il établira avec rigueur et précision
la loi qui porte son nom.
L’invention de la pile électrique par Alessandro Volta (1745-1827) constitue sans
nul doute la clef du développement rapide de l’électrodynamique au cours du XIX
e
siècle. Présenté le 9 novembre 1800 à l’occasion d’une démonstration organisée à
(1) William Gilbert reconnaît l’existence d’une force d’origine électrique (due à l’émanation « d’effluves »),
mais réfute la notion de force magnétique. Il préfère parler de « forme » ou « d’âme » pour appréhender
les causes du magnétisme. Néanmoins, par le biais des actions mécaniques subies par le corps d’épreuve
que constitue son aiguille aimantée, il définit implicitement et détermine localement ce que nous appelons
aujourd’hui le champ magnétique.
(2) Dès 1744, Joseph Priestley (1733-1804) avait suggéré une loi en raison inverse du carré de la distance.
Celle-ci fut également vérifiée en 1772 par Henry Cavendish (1731-1810) à l’occasion de sa célèbre expérience sur les sphères concentriques. Toutefois, l’idée d’une action à distance s’exerçant à travers le vide
mit un certain temps à être acceptée des savants français, enfermés pour certains dans un cartésianisme
dogmatique.
