1.2 Aux origines
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l’Académie des Sciences devant Napoléon Bonaparte, cet instrument constitue, pour
les chimistes, un moyen précieux pour la recherche de nouveaux éléments (électrolyse). Il permet en outre d’explorer le monde nouveau que représentent les courants
électriques continus. Hans Christian Ørsted (1777-1851) construira précisément un
exemplaire de la pile de Volta pour mener, dès 1807, ses études expérimentales sur
l’électricité. Nommé professeur à l’université de Copenhague en 1806, au terme d’un
parcours relativement singulier (reçu pharmacien en 1797, puis docteur en philosophie en 1799), Ørsted observe durant l’hiver 1819 la déviation d’une aiguille aimantée placée au voisinage d’un fil de platine connecté à une pile (tandis qu’il démontrait
à ses élèves l’échauffement d’un conducteur sous l’action d’un courant électrique).
Il remarque que l’aiguille tend à se placer perpendiculairement à la direction du courant lorsque la pile est mise en action
(1) , comme l’illustre la figure 1.2. Conscient de
la portée de ses observations quant à la relation qu’elles établissent entre électricité
et magnétisme
(2) , il publie en juillet 1820 un mémoire de quatre pages sur le sujet.
Rédigé initialement en latin, dans un style quelque peu déroutant pour ses premiers
lecteurs (de l’aveu même de Faraday !), le mémoire et la découverte majeure qu’il
relate sont rapidement portés à la connaissance des sociétés savantes européennes.
N
S
i
Figure 1.2 L’expérience d’Ørsted
(1) La notion de courant, de même que les notions de tension ou de circuit électrique, sont encore inconnues
en 1820. Avant que ces termes ne soient introduits par Ampère quelques années plus tard, on parle, pour le
courant, de « conflit » électrique.
(2) Au milieu du XVIII e siècle, l’abbé Jean-Antoine Nollet (1700-1770), ancien assistant de Du Fay, ainsi
que l’américain Benjamin Franklin (1706-1790), qui le premier assimile l’électricité à un fluide, avaient noté
les effets magnétisant ou démagnétisant de la foudre sur des aiguilles aimantées. Ces faits étaient d’ailleurs
connus des navigateurs dont les compas étaient parfois affectés par les éclairs orageux.
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