24 DÉPLOYER UN PROJET WEB 2.0
© Groupe Eyrolles
Ces données dépassent le cadre de l’identité numérique stricto
sensu et relèvent soit des contenus explicitement et volontairement
déposés, soit de traces laissées. La gestion de l’identité numérique
est plus complexe qu’il n’y paraît s’il faut dorénavant surveiller tous
ces fragments d’information, surtout lorsqu’on veut profiter du Web
comme d’un hall d’exposition. Faudra-t-il recourir à des conseillers
en communication d’un genre nouveau ?
Il est paradoxal de constater d’une part l’immensité abyssale du
Web profond et d’autre part l’extrême difficulté, voire l’impossibilité,
que l’on a à faire disparaître des traces sur Internet une fois qu’elles
ont été faites. Les traces appartiennent-elles à celui qui les a laissées
ou à celui qui possède le lieu où elles ont été prises ? Toutes les
réponses se rencontrent. Par exemple, Facebook indique explicitement dans ses conditions d’abonnement que toutes les traces lui
appartiennent. En France, en revanche, les traces sont assimilées à
des données personnelles. Autres cultures, autres droits, or Internet
est international. C’est la quadrature du cercle. Le Web 2.0 nous
promet des migraines !
Les projets Web 2.0 ne peuvent éluder de poser clairement leur
politique de gestion des traces des utilisateurs. Si les développements Web 2.0 de l’entreprise deviennent sensibles et qu’il faille
demain en répondre devant un conseil d’administration, ou devant
un tribunal, cette charte d’un nouveau genre sera une pièce utile du
dossier.
Suivre les usages
L’audience, dont les projets du premier Web fait grand cas, se
mesure en nombre de visiteurs, en nombre de clics, en taux de
rebond, etc. Mais mesurer n’est pas comprendre. C’est à partir des
chiffres qu’un lent travail va les faire parler. Les exemples et les
contre-exemples ne manquent pas dans la littérature et maintenant
la blogosphère. Par exemple, que peut-on dire des personnes qui
entrent dans un site commercial et le quittent lorsqu’elles arrivent à
la page où les prix sont indiqués ? Le prix était-il trop fort ou
voulaient-elles seulement le connaître ?
Dans un Web d’usage et de partage, pourquoi s’intéresser aux motivations des utilisateurs à leur insu ? Reformulons la question. Pour-
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