“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 68 — #91
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Paléoclimatologie
d’osciller, avec des variations sensibles en Antarctique de l’Ouest et dans la
péninsule (Anderson et al., EPILOG, 2002 ; Ritz et al., 2001).
Jusqu’à il y a ∼1 Ma, l’étendue et le volume des calottes restaient modérés,
avec des variations de 60 m de niveau des mers. Les oscillations se sont par
la suite ralenties et ont gagné en amplitude. Il y a environ 900 ka, la période
dominante des glaciations passe de 40 000 à 100 000 ans et l’amplitude des
oscillations devient deux fois plus importante, avec des variations de plus de
100 m de niveau des mers. Cet événement est connu comme la révolution du
Pléistocène moyen (Mid-Pleistocene Revolution, MPR) (Raymo et al., 2006).
L’englacement de l’hémisphère nord a beaucoup varié au cours du temps,
toutes les glaciations ne se ressemblent pas, ni tous les interglaciaires. L’extension maximale et récente des calottes continentales est assez bien documentée. Par contre de nombreuses interrogations demeurent en particulier sur les
parties marines des calottes. Nous présentons ci-dessous quelques problèmes
étranges qui suscitent l’intérêt.
Les ices shelves de l’Océan Arctique
Le Lomonosov Ridge est une chaîne de montagnes sous-marine située à
1 000 mètres de profondeur. Il traverse tout l’océan Arctique du Groenland à
la Sibérie en passant par le pôle Nord. Plusieurs stries alignées au sommet de
ce Ridge évoquent le possible développement d’un gigantesque ice-shelf qui
aurait couvert le centre de l’océan Arctique. Ces stries non datées peuvent
difficilement être imputées à des icebergs qui laissent des traces plus chaotiques. Elles sont aussi corroborées par des empreintes dans d’autres régions
de l’océan Arctique (Jakobsson et al. 2008).
L’interglaciaire du Stade 11
Il y 400 000 ans, durant le stage isotopique marin 11, la Terre connaît
un interglaciaire long. Les estimations (actuellement débattues) sur le niveau
des mers varient entre 20 mètres audessus et 8 mètres audessous du niveau
actuel. Si la valeur haute était correcte, elle nécessiterait non seulement une
déglaciation massive du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest mais aussi
une perte de glace (modérée) en Antarctique de l’Est. Les paramètres orbitaux
étant proches de ceux d’aujourd’hui, cet interglaciaire est souvent considéré
comme un des meilleurs analogues de l’époque actuelle.
Le Stade 6 : la glaciation du Saalien
L’avant-dernière période glaciaire, appelée Saalien en Eurasie, atteint son
maximum il y a environ 140 000 ans. La calotte eurasienne couvre alors une
large partie de l’Europe de l’Est, de la Russie et de la Sibérie correspondant
pratiquement à l’extension quaternaire maximale dans ces régions (Svendsen
et al., 2004). Le refroidissement associé au développement de cette calotte
devait être bien plus important qu’au LGM. Son extension vers le sud est
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Paléoclimatologie
d’osciller, avec des variations sensibles en Antarctique de l’Ouest et dans la
péninsule (Anderson et al., EPILOG, 2002 ; Ritz et al., 2001).
Jusqu’à il y a ∼1 Ma, l’étendue et le volume des calottes restaient modérés,
avec des variations de 60 m de niveau des mers. Les oscillations se sont par
la suite ralenties et ont gagné en amplitude. Il y a environ 900 ka, la période
dominante des glaciations passe de 40 000 à 100 000 ans et l’amplitude des
oscillations devient deux fois plus importante, avec des variations de plus de
100 m de niveau des mers. Cet événement est connu comme la révolution du
Pléistocène moyen (Mid-Pleistocene Revolution, MPR) (Raymo et al., 2006).
L’englacement de l’hémisphère nord a beaucoup varié au cours du temps,
toutes les glaciations ne se ressemblent pas, ni tous les interglaciaires. L’extension maximale et récente des calottes continentales est assez bien documentée. Par contre de nombreuses interrogations demeurent en particulier sur les
parties marines des calottes. Nous présentons ci-dessous quelques problèmes
étranges qui suscitent l’intérêt.
Les ices shelves de l’Océan Arctique
Le Lomonosov Ridge est une chaîne de montagnes sous-marine située à
1 000 mètres de profondeur. Il traverse tout l’océan Arctique du Groenland à
la Sibérie en passant par le pôle Nord. Plusieurs stries alignées au sommet de
ce Ridge évoquent le possible développement d’un gigantesque ice-shelf qui
aurait couvert le centre de l’océan Arctique. Ces stries non datées peuvent
difficilement être imputées à des icebergs qui laissent des traces plus chaotiques. Elles sont aussi corroborées par des empreintes dans d’autres régions
de l’océan Arctique (Jakobsson et al. 2008).
L’interglaciaire du Stade 11
Il y 400 000 ans, durant le stage isotopique marin 11, la Terre connaît
un interglaciaire long. Les estimations (actuellement débattues) sur le niveau
des mers varient entre 20 mètres audessus et 8 mètres audessous du niveau
actuel. Si la valeur haute était correcte, elle nécessiterait non seulement une
déglaciation massive du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest mais aussi
une perte de glace (modérée) en Antarctique de l’Est. Les paramètres orbitaux
étant proches de ceux d’aujourd’hui, cet interglaciaire est souvent considéré
comme un des meilleurs analogues de l’époque actuelle.
Le Stade 6 : la glaciation du Saalien
L’avant-dernière période glaciaire, appelée Saalien en Eurasie, atteint son
maximum il y a environ 140 000 ans. La calotte eurasienne couvre alors une
large partie de l’Europe de l’Est, de la Russie et de la Sibérie correspondant
pratiquement à l’extension quaternaire maximale dans ces régions (Svendsen
et al., 2004). Le refroidissement associé au développement de cette calotte
devait être bien plus important qu’au LGM. Son extension vers le sud est
