“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 69 — #92
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2. Cryosphère et niveau marin
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particulièrement impressionnante car un de ses lobes (le Diepner lobe, sans
doute un phénomène transitoire) s’approchait à 500 km de la mer Noire. On
peut noter qu’au sud-est, les traces d’extension maximum sont situées encore
plus au sud que le Saalien mais il est difficile de savoir si elles correspondent
à une même calotte et quelle serait son âge (voir Fig. 2.6).
2.3.4 Scénario du dernier cycle glaciaire-interglaciaire
La trame temporelle du dernier cycle glaciaire-interglaciaire est présentée
sur la figure 2.3. Le forçage extérieur lié aux variations de l’orbite terrestre y
est représenté à travers l’évolution de l’insolation d’été à 65
◦ de latitude nord.
Le niveau des mers indique le volume global de glace.
On note que le volume de glace réagit systématiquement aux variations
d’insolation d’été. Comme c’est surtout le climat d’été qui est responsable
de l’ablation, une configuration orbitale avec une forte insolation d’été est
défavorable aux calottes. On observe de plus une asymétrie entre englacements
lents et déglaciations rapides. Le volume sur l’ensemble du cycle est en dents
de scie car les reculs ne sont pas complets et chaque avancée (vers 120, 90,
80, 60 et 40 ka BP) repart d’une situation déjà englacée, et ceci d’autant plus
qu’on avance dans la période glaciaire.
Par contre, la répartition géographique fait apparaître une grande diversité (les aspects géographiques sont synthétisés sur les figures 2.6 pour la
Fennoscandie et 2.7 pour la Laurentide).
Pendant l’Éémien (125 ka BP), le niveau des mers eustatique s’élève jusqu’à 6 mètres au-dessus de l’actuel témoignant d’un fort recul des glaces.
Par rapport à l’état actuel, la partie sud du Groenland et l’Antarctique de
l’Ouest étaient probablement bien moins étendus qu’actuellement. Les forages
glaciaires indiquent néanmoins qu’une calotte existait dans la partie centrale
du Groenland, avec une altitude comparable à l’altitude actuelle (NGRIP
members, 2004).
2.3.4.1 Le Laurentide
La calotte laurentide
1 sur l’Amérique du Nord est la première à se former,
la glace apparaissant sur les hauteurs sous la forme de deux calottes séparées,
l’une sur Keewatin (ellemême issue de la jonction des calottes Keewatin et
Baffin), l’autre sur le Labrador (Fig. 2.7). Pendant toute la période glaciaire,
elle va subir des fluctuations avec, pendant les périodes les plus froides, jonction des deux calottes puis croissance (tant en volume qu’en étendue) de la
calotte résultante, avec en général deux dômes séparés. À l’inverse, pendant
1. Le genre des noms en français n’obéit à presque aucune logique, et cela se reflète
dans les noms de calottes glaciaires. On dit la Fennoscandie (calotte fennoscandienne),
le Laurentide (calotte laurentienne), le Groenland (calotte groenlandaise) et l’Antarctique
(qui est masculin, calotte antarctique). Les deux dernières calottes portent le nom de l’île
(continent) sur lesquels elles reposent.
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