“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page v — #6
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Préface
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astronomique des paléoclimats voyait le jour et allait pouvoir être poursuivie
grâce au développement de la mécanique céleste, avec les Français Jean le
Rond d’Alembert (1717-1783), Jean-Baptiste Joseph Delambre (1749-1822),
Pierre-Simon de Laplace (1749-1827), Louis Benjamin Francoeur (1773-1849)
et Urbain Le Verrier (1811-1877). Parallèlement, une étape supplémentaire
devait être franchie avec les premiers calculs des variations à long terme de
l’énergie reçue du Soleil, variations dues aux éléments astronomiques que sont
l’excentricité de l’orbite de la Terre, la précession des équinoxes et l’obliquité
de l’écliptique. Ainsi, s’illustreront John Frederick William Herschel (17921871), L.W. Meech (1855) et Chr. Wiener (1876), et ce, aussi grâce aux travaux des mathématiciens André-Marie Legendre (1751-1833) et Simon-Denis
Poisson (1781-1840).
Tout était dès lors prêt pour permettre à l’Écossais James Croll (18211890) d’élaborer une théorie des âges glaciaires basée sur l’effet conjugué des
trois paramètres astronomiques, théorie selon laquelle l’hiver de l’hémisphère
nord devait jouer un rôle déterminant. Cette théorie fut fort appréciée par
le naturaliste Charles Robert Darwin (1809-1882) et reprise par les frères
géologues écossais Archibald (1835-1924) et James (1839-1914) Geikie, qui
introduisirent la notion d’interglaciaire. Elle est aussi à la base de la classification des glaciations alpines par Albrecht Penck (1858-1945) et Edouard
Brückner (1862-1927) et des américaines par Thomas Chowder Chamberlin
(1843-1928). Toutefois, les géologues allaient être de moins en moins satisfaits
de la théorie de Croll et de nombreuses critiques virent le jour. Beaucoup
réfutèrent la théorie astronomique et lui préférèrent des explications liées à
la seule planète Terre. Le géologue écossais Charles Lyell (1797-1875) insista
sur la répartition géographique des terres et des mers pour expliquer l’alternance des climats chauds et froids, tandis que d’autres se tournèrent vers les
variations de la concentration de certains gaz dans l’atmosphère. C’est ainsi
que le physicien français Joseph Fourier (1786-1830) exposa l’idée originale
de la théorie de l’effet de serre. Il allait être suivi par le chimiste irlandais
John Tyndall (1820-1893) à qui l’on doit les premières expériences sur l’absorption du rayonnement infrarouge et l’hypothèse du rôle fondamental joué
par la vapeur d’eau dans l’effet de serre. Plus tard, l’italien Luigi de Marchi
(1857-1937) et le chimiste suédois Svante Arrhenius (1859-1927) proposèrent,
avec d’autres scientifiques de leur époque, que les périodes glaciaires étaient
causées par des baisses de la teneur atmosphérique en gaz carbonique. En
1895, Arrhenius suggéra dans un article publié à la Société de physique de
Stockholm que la réduction ou l’augmentation de 40 % de la concentration
en CO 2 dans l’atmosphère pouvait engendrer des processus de rétroaction qui
expliqueraient les avances et retraits glaciaires.
Une renaissance de la théorie astronomique allait cependant être possible
avec les améliorations apportées au calcul des éléments astronomiques par
John Nelson Stockwell (1822-1920) et à celui de l’irradiation solaire (1904)
par le mathématicien allemand Ludwig Pilgrim. C’est toutefois à Joseph John
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