“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page iv — #5
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Paléoclimatologie
forme solide (champs de neige, glaciers et inlandsis) et liquide (rivières, lacs
et mers), la biosphère des continents où tectonique des plaques et activité volcanique se manifestent, et finalement la surface, ensemble du monde vivant
qui influencent la nature et les propriétés de la couverture du sol et les cycles
biogéochimiques.
D’une discipline descriptive, la climatologie est devenue une science multidisciplinaire faisant intervenir cinq systèmes complexes et leurs interactions
mutuelles. Il n’est dès lors pas surprenant que le climat qui en résulte varie
aux échelles allant de la saison à des millions d’années. Bien que ce soit au
cours des dernières décennies seulement que cette science a littéralement explosé, la découverte et l’étude des premières traces de variations du climat
dépassant l’échelle annuelle et décennale remontent au xviii
e siècle. C’est à
cette époque que l’existence de blocs erratiques dans le paysage montagneux
fut associée pour la première fois à l’extension spectaculaire des glaciers. En
1744, le géographe grenoblois Pierre Martel (1706-1767) rapporte en effet que
les habitants de la vallée de Chamonix dans les Alpes de Savoie attribuaient la
dispersion de ces roches moutonnées aux glaciers eux-mêmes, dont l’extension
aurait été beaucoup plus importante dans le passé. Cette idée était révolutionnaire, car jusqu’alors, la plupart des scientifiques se référaient encore au mythe
du Déluge de la Bible pour expliquer la structure des paysages. Ce fut le cas
du genevois Horace Bénédicte de Chaussure (1740-1799), du paléontologue
français Georges Cuvier (1769-1832) et du géologue écossais Charles Lyell
(1797-1875), qui continuaient à supposer que ces blocs étaient charriés par la
violence des eaux. Toutefois, la localisation et la nature de ces blocs et autres
moraines conduisirent quelques scientifiques à admettre que le transport par
la glace expliquerait mieux les diverses observations. Le naturaliste écossais
James Hutton (1726-1797) fut le premier à cautionner cette idée. D’autres
suivirent et verront dans les fluctuations de l’étendue des glaciers l’empreinte
de changements climatiques. Ce sont l’ingénieur suisse Ignace Venetz (17881859), l’ingénieur forestier allemand Albrecht Reinhart Benhardi (1797-1849),
le géologue suisse Jean de Charpentier (1786-1855) et le botaniste allemand
Karl Fredrich Schimper (1803-1867), lequel introduisit la notion d’âge glaciaire. Mais c’est le géologue danois-norvégien Jens Esmark (1763-1839) qui,
poursuivant son analyse du transport par les glaciers, proposa en 1824 et ce,
pour la première fois, que les changements climatiques en seraient la cause
et surtout que ceux-ci trouvaient leur origine dans les variations de l’orbite
terrestre.
Ce sont les travaux de ces précurseurs qui conduisirent le géologue suisse
Louis Agassiz (1801-1873) à formuler en 1837 son adresse à la Société helvétique des sciences naturelles de Neufchatel sur « Upon glaciers, moraines and
erratic blocks ». C’est aussi en ce début du xix
e siècle que le Français Joseph
Adhémar (1797-1862), non content d’étudier les calottes polaires, tenta d’expliquer dans son livre Révolutions de la mer, déluges périodiques (1842) la récurrence des âges glaciaires à partir de la précession des équinoxes. La théorie
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Paléoclimatologie
forme solide (champs de neige, glaciers et inlandsis) et liquide (rivières, lacs
et mers), la biosphère des continents où tectonique des plaques et activité volcanique se manifestent, et finalement la surface, ensemble du monde vivant
qui influencent la nature et les propriétés de la couverture du sol et les cycles
biogéochimiques.
D’une discipline descriptive, la climatologie est devenue une science multidisciplinaire faisant intervenir cinq systèmes complexes et leurs interactions
mutuelles. Il n’est dès lors pas surprenant que le climat qui en résulte varie
aux échelles allant de la saison à des millions d’années. Bien que ce soit au
cours des dernières décennies seulement que cette science a littéralement explosé, la découverte et l’étude des premières traces de variations du climat
dépassant l’échelle annuelle et décennale remontent au xviii
e siècle. C’est à
cette époque que l’existence de blocs erratiques dans le paysage montagneux
fut associée pour la première fois à l’extension spectaculaire des glaciers. En
1744, le géographe grenoblois Pierre Martel (1706-1767) rapporte en effet que
les habitants de la vallée de Chamonix dans les Alpes de Savoie attribuaient la
dispersion de ces roches moutonnées aux glaciers eux-mêmes, dont l’extension
aurait été beaucoup plus importante dans le passé. Cette idée était révolutionnaire, car jusqu’alors, la plupart des scientifiques se référaient encore au mythe
du Déluge de la Bible pour expliquer la structure des paysages. Ce fut le cas
du genevois Horace Bénédicte de Chaussure (1740-1799), du paléontologue
français Georges Cuvier (1769-1832) et du géologue écossais Charles Lyell
(1797-1875), qui continuaient à supposer que ces blocs étaient charriés par la
violence des eaux. Toutefois, la localisation et la nature de ces blocs et autres
moraines conduisirent quelques scientifiques à admettre que le transport par
la glace expliquerait mieux les diverses observations. Le naturaliste écossais
James Hutton (1726-1797) fut le premier à cautionner cette idée. D’autres
suivirent et verront dans les fluctuations de l’étendue des glaciers l’empreinte
de changements climatiques. Ce sont l’ingénieur suisse Ignace Venetz (17881859), l’ingénieur forestier allemand Albrecht Reinhart Benhardi (1797-1849),
le géologue suisse Jean de Charpentier (1786-1855) et le botaniste allemand
Karl Fredrich Schimper (1803-1867), lequel introduisit la notion d’âge glaciaire. Mais c’est le géologue danois-norvégien Jens Esmark (1763-1839) qui,
poursuivant son analyse du transport par les glaciers, proposa en 1824 et ce,
pour la première fois, que les changements climatiques en seraient la cause
et surtout que ceux-ci trouvaient leur origine dans les variations de l’orbite
terrestre.
Ce sont les travaux de ces précurseurs qui conduisirent le géologue suisse
Louis Agassiz (1801-1873) à formuler en 1837 son adresse à la Société helvétique des sciences naturelles de Neufchatel sur « Upon glaciers, moraines and
erratic blocks ». C’est aussi en ce début du xix
e siècle que le Français Joseph
Adhémar (1797-1862), non content d’étudier les calottes polaires, tenta d’expliquer dans son livre Révolutions de la mer, déluges périodiques (1842) la récurrence des âges glaciaires à partir de la précession des équinoxes. La théorie
