“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 423 — #446
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10. Des climats du passé aux climats du futur
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puis de dôme C (i.e. carotte EPICA) permettent aussi de réaliser que, depuis 800 000 ans, nous sommes toujours passés d’un monde à quatre calottes
à un monde, le nôtre, à deux calottes. Autrement dit, l’Antarctique et le
Groenland ont bien résisté au réchauffement qui a conduit à la disparition
des calottes Fennoscandienne et Laurentide. Sans doute que le Groenland
et l’Antarctique de l’Ouest ne sont pas toujours sortis indemnes des cycles
glaciaires-interglaciaires. En effet, lors du précédent interglaciaire le niveau
marin était de 4 à 6 m (Overpeck et al. 2006 [24]) plus élevé. Il est donc possible, que l’activité anthropique puisse conduire à la fonte partielle ou totale
du Groenland (Charbit et al., 2008 [8]).
Dès à présent, l’analyse des bilans de masse au Groenland, et de façon plus
surprenante en Antarctique (Velicogna, 2009 [31]), montre que ces calottes
fondent et sont devenues les premiers contributeurs de l’augmentation du
niveau marin (Cazenave et al., 2009 [7]). Leur disparition complète conduirait
à une élévation du niveau marin de près de 60 m : 6,6 m pour le Groenland
et 52,8 m pour l’Antarctique, dont 3,3 m proviendrait de l’Antarctique de
l’Ouest. Ces chiffres sont à mettre en regard des 120 m d’élévation du niveau
marin consécutive à la fonte des calottes Laurentide et Fennoscandienne. Cette
fonte répondait à un forçage solaire très faible en comparaison du forçage
radiatif additionnel induit par les effets anthropiques. La fonte s’est étalée
sur 14 000 ans (du Dernier Maximum glaciaire à l’Holocène moyen). Les effets
à long terme (plusieurs centaines d’années) du forçage anthropique sur les
calottes de glace ne sont pas faciles à modéliser, d’une part en raison de
l’incertitude sur les scénarios socio-économiques et donc sur l’évolution du
CO 2 au cours du xxi
e siècle. On comprend donc qu’il est encore plus difficile
d’établir des scénarios sur plusieurs siècles (Charbit et al., 2008 [8]). D’autre
part, parce qu’il est nécessaire d’effectuer des simulations de plusieurs siècles,
ce qui requiert l’utilisation de modèles dynamiques simplifiés couplés avec
des modèles de calotte de glace performants (les ressources informatiques ne
permettent pas de mobiliser les calculateurs centralisés pendant des semestres
pour ne tester qu’un ensemble de scénarios ; i.e. quelques trajectoires). Or,
pour obtenir des réponses pertinentes, il faut être capable d’explorer un grand
nombre de scénarios.
En fait, il existe trois horizons différents pour l’évolution des calottes de
glace. L’évolution au cours du xxi
e siècle qui est l’objet de toutes les analyses du GIEC et qui se traduira très vraisemblablement par une remontée
du niveau marin de plusieurs dizaines de centimètres avec une forte incertitude liée à la fois aux scénarios d’émission de CO 2 , mais également aux
limites des modèles de glace qui ne capturent pas suffisamment bien l’écoulement rapide des fleuves de glace. Le second horizon, au-delà du xxi
e siècle
et dans les siècles suivants, où il y a une possibilité pour le niveau de CO 2
de se stabiliser à trois ou quatre fois le taux pré-industriel, et donc de fondre
le Groenland et l’Antarctique de l’Ouest. Ces changements sont également
susceptibles de modifier la circulation océanique, et si ce taux élevé de CO 2
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10. Des climats du passé aux climats du futur
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puis de dôme C (i.e. carotte EPICA) permettent aussi de réaliser que, depuis 800 000 ans, nous sommes toujours passés d’un monde à quatre calottes
à un monde, le nôtre, à deux calottes. Autrement dit, l’Antarctique et le
Groenland ont bien résisté au réchauffement qui a conduit à la disparition
des calottes Fennoscandienne et Laurentide. Sans doute que le Groenland
et l’Antarctique de l’Ouest ne sont pas toujours sortis indemnes des cycles
glaciaires-interglaciaires. En effet, lors du précédent interglaciaire le niveau
marin était de 4 à 6 m (Overpeck et al. 2006 [24]) plus élevé. Il est donc possible, que l’activité anthropique puisse conduire à la fonte partielle ou totale
du Groenland (Charbit et al., 2008 [8]).
Dès à présent, l’analyse des bilans de masse au Groenland, et de façon plus
surprenante en Antarctique (Velicogna, 2009 [31]), montre que ces calottes
fondent et sont devenues les premiers contributeurs de l’augmentation du
niveau marin (Cazenave et al., 2009 [7]). Leur disparition complète conduirait
à une élévation du niveau marin de près de 60 m : 6,6 m pour le Groenland
et 52,8 m pour l’Antarctique, dont 3,3 m proviendrait de l’Antarctique de
l’Ouest. Ces chiffres sont à mettre en regard des 120 m d’élévation du niveau
marin consécutive à la fonte des calottes Laurentide et Fennoscandienne. Cette
fonte répondait à un forçage solaire très faible en comparaison du forçage
radiatif additionnel induit par les effets anthropiques. La fonte s’est étalée
sur 14 000 ans (du Dernier Maximum glaciaire à l’Holocène moyen). Les effets
à long terme (plusieurs centaines d’années) du forçage anthropique sur les
calottes de glace ne sont pas faciles à modéliser, d’une part en raison de
l’incertitude sur les scénarios socio-économiques et donc sur l’évolution du
CO 2 au cours du xxi
e siècle. On comprend donc qu’il est encore plus difficile
d’établir des scénarios sur plusieurs siècles (Charbit et al., 2008 [8]). D’autre
part, parce qu’il est nécessaire d’effectuer des simulations de plusieurs siècles,
ce qui requiert l’utilisation de modèles dynamiques simplifiés couplés avec
des modèles de calotte de glace performants (les ressources informatiques ne
permettent pas de mobiliser les calculateurs centralisés pendant des semestres
pour ne tester qu’un ensemble de scénarios ; i.e. quelques trajectoires). Or,
pour obtenir des réponses pertinentes, il faut être capable d’explorer un grand
nombre de scénarios.
En fait, il existe trois horizons différents pour l’évolution des calottes de
glace. L’évolution au cours du xxi
e siècle qui est l’objet de toutes les analyses du GIEC et qui se traduira très vraisemblablement par une remontée
du niveau marin de plusieurs dizaines de centimètres avec une forte incertitude liée à la fois aux scénarios d’émission de CO 2 , mais également aux
limites des modèles de glace qui ne capturent pas suffisamment bien l’écoulement rapide des fleuves de glace. Le second horizon, au-delà du xxi
e siècle
et dans les siècles suivants, où il y a une possibilité pour le niveau de CO 2
de se stabiliser à trois ou quatre fois le taux pré-industriel, et donc de fondre
le Groenland et l’Antarctique de l’Ouest. Ces changements sont également
susceptibles de modifier la circulation océanique, et si ce taux élevé de CO 2
