“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 422 — #445
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Paléoclimatologie
constant à différents niveaux (290 ppm, 200 ppm et 250 ppm), soit en utilisant les variations du CO 2 du dernier cycle glaciaire-interglaciaire (Loutre
et Berger, 2000 [20]). Les résultats de ces simulations suggèrent d’une part
que le climat des 50 000 prochaines années est particulièrement sensible à la
valeur de la concentration de CO 2 atmosphérique et notre interglaciaire actuel serait beaucoup plus long que ne l’a été aucun autre interglaciaire dans
le passé. Celui-ci pourrait en effet durer plus de 55 000 ans pour des teneurs
en CO 2 comprises entre 230 et 290 ppm : un premier stade glaciaire apparaîtrait vers 60 000 AD, et le prochain maximum glaciaire se situerait aux
alentours de 100 000 AD, suivi d’une phase de déglaciation qui s’achèverait
vers 120 000 AD. La confrontation de l’ensemble de ces résultats indique que
les différences marquées de notre interglaciaire (présent et futur) avec les
autres périodes chaudes du Quaternaire semblent trouver leur origine dans les
faibles variations d’insolation qui le caractérisent. En se basant sur un autre
scénario destiné à reproduire les variations naturelles du CO 2 et non pas la
contribution anthropique, d’autres simulations ont été effectuées, soit avec
une version plus élaborée du modèle belge, soit avec un modèle de climat de
complexité intermédiaire couplé à un modèle plus sophistiqué d’évolution des
calottes polaires. Les résultats de ces simulations sont en accord avec ceux
présentés précédemment, et montrent que le prochain épisode de maximum
glaciaire n’apparaîtra que vers 108 000 AD.
Si jusqu’à présent, les variations de l’insolation estivale à 65
◦ N étaient
considérées comme le « pace-maker des transitions glaciaires-interglaciaires »,
les résultats précédents montrent que, pour le futur, le niveau de CO 2 atteint
dans l’atmosphère sera un paramètre prépondérant. Si les variations naturelles de CO 2 , ajoutées au forçage en insolation, ne laissent pas de place à un
prochain épisode glaciaire avant au moins 50 000 ans, on peut se demander si
l’effet de la contribution anthropique ne conduira pas à une disparition complète des calottes polaires actuelles, et si un retour à une phase de glaciation
est envisageable au cours des 100 000 prochaines années. Les modèles couplant
climat et cryosphère, validés sur le dernier cycle glaciaire-interglaciaire, vont
permettre d’explorer les valeurs seuils de CO 2 qui pourraient avoir des effets
à long terme sur le devenir des calottes de glace.
10.5.2 Le devenir lointain des calottes polaires : impact
et irréversibilité
Comme nous l’avons vu précédemment, les temps de réponse des différentes composantes du système climatique sont extrêmement variables. De
quelques minutes à quelques jours pour l’atmosphère, quelques mois à plusieurs centaines d’années pour l’océan et de l’ordre de mille à cent mille ans
pour les calottes de glace. Le dernier cycle glaciaire-interglaciaire permet de
réaliser à quel point le climat est profondément marqué par le lent développement et la rapide disparition des calottes. Les enregistrements de Vostok
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Paléoclimatologie
constant à différents niveaux (290 ppm, 200 ppm et 250 ppm), soit en utilisant les variations du CO 2 du dernier cycle glaciaire-interglaciaire (Loutre
et Berger, 2000 [20]). Les résultats de ces simulations suggèrent d’une part
que le climat des 50 000 prochaines années est particulièrement sensible à la
valeur de la concentration de CO 2 atmosphérique et notre interglaciaire actuel serait beaucoup plus long que ne l’a été aucun autre interglaciaire dans
le passé. Celui-ci pourrait en effet durer plus de 55 000 ans pour des teneurs
en CO 2 comprises entre 230 et 290 ppm : un premier stade glaciaire apparaîtrait vers 60 000 AD, et le prochain maximum glaciaire se situerait aux
alentours de 100 000 AD, suivi d’une phase de déglaciation qui s’achèverait
vers 120 000 AD. La confrontation de l’ensemble de ces résultats indique que
les différences marquées de notre interglaciaire (présent et futur) avec les
autres périodes chaudes du Quaternaire semblent trouver leur origine dans les
faibles variations d’insolation qui le caractérisent. En se basant sur un autre
scénario destiné à reproduire les variations naturelles du CO 2 et non pas la
contribution anthropique, d’autres simulations ont été effectuées, soit avec
une version plus élaborée du modèle belge, soit avec un modèle de climat de
complexité intermédiaire couplé à un modèle plus sophistiqué d’évolution des
calottes polaires. Les résultats de ces simulations sont en accord avec ceux
présentés précédemment, et montrent que le prochain épisode de maximum
glaciaire n’apparaîtra que vers 108 000 AD.
Si jusqu’à présent, les variations de l’insolation estivale à 65
◦ N étaient
considérées comme le « pace-maker des transitions glaciaires-interglaciaires »,
les résultats précédents montrent que, pour le futur, le niveau de CO 2 atteint
dans l’atmosphère sera un paramètre prépondérant. Si les variations naturelles de CO 2 , ajoutées au forçage en insolation, ne laissent pas de place à un
prochain épisode glaciaire avant au moins 50 000 ans, on peut se demander si
l’effet de la contribution anthropique ne conduira pas à une disparition complète des calottes polaires actuelles, et si un retour à une phase de glaciation
est envisageable au cours des 100 000 prochaines années. Les modèles couplant
climat et cryosphère, validés sur le dernier cycle glaciaire-interglaciaire, vont
permettre d’explorer les valeurs seuils de CO 2 qui pourraient avoir des effets
à long terme sur le devenir des calottes de glace.
10.5.2 Le devenir lointain des calottes polaires : impact
et irréversibilité
Comme nous l’avons vu précédemment, les temps de réponse des différentes composantes du système climatique sont extrêmement variables. De
quelques minutes à quelques jours pour l’atmosphère, quelques mois à plusieurs centaines d’années pour l’océan et de l’ordre de mille à cent mille ans
pour les calottes de glace. Le dernier cycle glaciaire-interglaciaire permet de
réaliser à quel point le climat est profondément marqué par le lent développement et la rapide disparition des calottes. Les enregistrements de Vostok
