“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 413 — #436
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10. Des climats du passé aux climats du futur
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l’Arctique canadien) ont une faible sensibilité et sont plus à même de résister
au réchauffement climatique. Au contraire, les glaciers situés dans les régions
côtières sont soumis à l’influence océanique et présentent une plus grande
sensibilité au réchauffement climatique. C’est le cas des glaciers norvégiens,
par exemple. Au cours de ces dernières décennies, ceux-ci avaient tendance à
croître en raison d’une augmentation des précipitations. Mais depuis quelques
années, il semblerait que cette tendance s’inverse. Les glaciers alpins, eux,
sont dans une situation intermédiaire. On peut citer quelques travaux récents
qui sous-tendent cette remarque Nous n’allons pas faire une revue exhaustive
sur la fonte des glaciers, mais nous avons choisi d’illustrer ce comportement à
travers l’étude de deux glaciers proches de chez nous.
Au Laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de l’Environnement de
Grenoble (LGGE), deux études ont été réalisées pour des glaciers alpins, l’une
sur le Saint-Sorlin, l’autre au dôme du Goûter, dans le massif du Mont-Blanc.
La première consistait à simuler l’évolution future du bilan de masse du
Saint-Sorlin, situé dans le massif des Grandes Rousses et dont le point culminant est à 3 400 mètres d’altitude, en réponse à des conditions climatiques
prédites par le GIEC dans le cadre du scénario B1. Les résultats montrent
que malgré un scénario plutôt optimiste pour les émissions de gaz à effet
de serre (+1,8
◦ C en 2100), la limite inférieure des neiges éternelles (encore
appelée ligne d’équilibre) se situe à une altitude supérieure au point culminant du glacier. En d’autres termes, cela signifie qu’au cours d’une année,
le glacier n’accumule plus de neige (ou de glace) et se retrouve donc dans
un régime d’ablation chronique. Afin de simuler la réponse dynamique du
glacier, ces résultats ont ensuite servi d’entrée à un modèle bidimensionnel
d’écoulement glaciaire. Ainsi, malgré un réchauffement climatique modéré, le
modèle suggère une disparition complète du glacier autour de 2070. La réponse dynamique des glaciers est complexe, car elle dépend non seulement
de la morphologie de chacun, mais aussi de nombreux processus physiques,
parfois difficiles à modéliser, qui eux-mêmes vont déterminer leur réponse temporelle, c’est-à-dire avec quelle échelle de temps caractéristique le glacier va
grossir ou au contraire disparaître. Néanmoins, cette étude suggère que les
glaciers alpins de taille et d’altitude comparables à celui du Saint-Sorlin pourraient subir le même type d’évolution au cours du xxi
e siècle sous l’influence
d’un réchauffement climatique modéré.
La seconde étude est basée sur des mesures de température dans des trous
de forages (140 m de profondeur) situé au dôme du Goûter, à 4 250 m d’altitude. Ces mesures ont permis de mettre en évidence un réchauffement de
1 à 1,5
◦ C sur les 60 premiers mètres de glace, entre 1994 et 2005. Une modélisation physique du processus de diffusion de la chaleur dans la glace a
permis de montrer que le réchauffement observé dans la glace résultait non
seulement du réchauffement atmosphérique, mais aussi de la chaleur produite
par le regel en profondeur de l’eau issue de la fonte en surface. Par ailleurs,
des simulations réalisées dans le cadre de différents scénarios de réchauffement
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l’Arctique canadien) ont une faible sensibilité et sont plus à même de résister
au réchauffement climatique. Au contraire, les glaciers situés dans les régions
côtières sont soumis à l’influence océanique et présentent une plus grande
sensibilité au réchauffement climatique. C’est le cas des glaciers norvégiens,
par exemple. Au cours de ces dernières décennies, ceux-ci avaient tendance à
croître en raison d’une augmentation des précipitations. Mais depuis quelques
années, il semblerait que cette tendance s’inverse. Les glaciers alpins, eux,
sont dans une situation intermédiaire. On peut citer quelques travaux récents
qui sous-tendent cette remarque Nous n’allons pas faire une revue exhaustive
sur la fonte des glaciers, mais nous avons choisi d’illustrer ce comportement à
travers l’étude de deux glaciers proches de chez nous.
Au Laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de l’Environnement de
Grenoble (LGGE), deux études ont été réalisées pour des glaciers alpins, l’une
sur le Saint-Sorlin, l’autre au dôme du Goûter, dans le massif du Mont-Blanc.
La première consistait à simuler l’évolution future du bilan de masse du
Saint-Sorlin, situé dans le massif des Grandes Rousses et dont le point culminant est à 3 400 mètres d’altitude, en réponse à des conditions climatiques
prédites par le GIEC dans le cadre du scénario B1. Les résultats montrent
que malgré un scénario plutôt optimiste pour les émissions de gaz à effet
de serre (+1,8
◦ C en 2100), la limite inférieure des neiges éternelles (encore
appelée ligne d’équilibre) se situe à une altitude supérieure au point culminant du glacier. En d’autres termes, cela signifie qu’au cours d’une année,
le glacier n’accumule plus de neige (ou de glace) et se retrouve donc dans
un régime d’ablation chronique. Afin de simuler la réponse dynamique du
glacier, ces résultats ont ensuite servi d’entrée à un modèle bidimensionnel
d’écoulement glaciaire. Ainsi, malgré un réchauffement climatique modéré, le
modèle suggère une disparition complète du glacier autour de 2070. La réponse dynamique des glaciers est complexe, car elle dépend non seulement
de la morphologie de chacun, mais aussi de nombreux processus physiques,
parfois difficiles à modéliser, qui eux-mêmes vont déterminer leur réponse temporelle, c’est-à-dire avec quelle échelle de temps caractéristique le glacier va
grossir ou au contraire disparaître. Néanmoins, cette étude suggère que les
glaciers alpins de taille et d’altitude comparables à celui du Saint-Sorlin pourraient subir le même type d’évolution au cours du xxi
e siècle sous l’influence
d’un réchauffement climatique modéré.
La seconde étude est basée sur des mesures de température dans des trous
de forages (140 m de profondeur) situé au dôme du Goûter, à 4 250 m d’altitude. Ces mesures ont permis de mettre en évidence un réchauffement de
1 à 1,5
◦ C sur les 60 premiers mètres de glace, entre 1994 et 2005. Une modélisation physique du processus de diffusion de la chaleur dans la glace a
permis de montrer que le réchauffement observé dans la glace résultait non
seulement du réchauffement atmosphérique, mais aussi de la chaleur produite
par le regel en profondeur de l’eau issue de la fonte en surface. Par ailleurs,
des simulations réalisées dans le cadre de différents scénarios de réchauffement
