“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 378 — #401
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Paléoclimatologie
la variabilité et la tendance de la couverture de glace de mer portent sur la
période post-1978. Les résultats obtenus avec différents types de satellites
donnent des résultats très proches les uns des autres, et tous mettent en évidence une asymétrie entre l’Arctique et l’Antarctique, avec une nette tendance
à la décroissance pour l’Arctique et une légère croissance pour l’Antarctique,
cette dernière n’étant toutefois pas statistiquement significative.
Avant l’ère des satellites, les données relatives à la glace de mer sont relativement éparses et peu homogènes. Néanmoins, bien que ces données indiquent
une importante variabilité régionale, toutes sont compatibles avec une plus
grande extension de la glace de mer au xix
e siècle et dans la première moitié
du xx
e siècle, et une forte décroissance de celle-ci à partir de 1970. Les résultats donnés dans le quatrième rapport du GIEC concernant les anomalies
de l’extension annuelle moyenne de la glace de mer Arctique par rapport à
la période allant de novembre 1978 à décembre 2005 mettaient en évidence
une tendance fortement négative de −33 ± 7 × 10
3 km
2 /an, soit −2,7 ± 0,6 %
par décennie. Une étude plus récente s’étendant jusqu’à l’année 2006 avance
même un taux de décroissance de −3,6 % par décennie, avec une décroissance
de l’extension minimum de la glace de mer estimée à −7,4 ± 2,4 % par décennie pour la période 1979-2005. Mais le résultat le plus marquant observé
depuis la parution du quatrième rapport du GIEC (IPCC, 2007 [15]) est sans
doute lié au record atteint en 2007, où la superficie totale de la glace de mer a
été réduite à 4,1 ×10
6 km
2 à la mi-septembre. Selon l’évaluation du National
Snow and Ice Data Center, la superficie de la glace de mer en septembre a
diminué au rythme de 11,1 ± 3,3 % par décennie (Fig. 10.4).
En septembre 2002, la glace de mer arctique atteignait un minimum record, au moins 4 % plus faible que n’importe quel autre mois de septembre
depuis 1978, et 14 % plus faible que la moyenne 1979-2000. Dans le passé,
une année marquée par une très faible extension de la banquise était généralement suivie l’année d’après par un retour aux conditions normales, alors
que 2002 fut suivie par deux années consécutives où la glace de mer présentait
une faible extension. En 2005, les données satellites enregistraient un nouveau
record minimum avec une extension de 5,32 × 10
6 km
2 . Enfin entre le 11 et le
16 septembre 2007, l’extension enregistrée était de 4,1 × 10
6 km
2 , record bien
inférieur à celui du 21 septembre 2005. Si depuis 2007, les valeurs mesurées
n’ont pas atteint de nouveaux records, les extensions minimales enregistrées
en 2010 et 2011 ont été respectivement de 5,10 × 10
6 km
2 et 4,24 × 10
6 km
2 .
La persistance de ces minima fait craindre aux scientifiques que la décroissance de la glace de mer ne s’accélère, phénomène amplifié en particulier par
la relation température-albédo.
Le principal moteur de la décroissance de la glace de mer semble être lié
ces dernières années à la hausse des températures. Toutefois, la variabilité
atmosphérique, et plus particulièrement l’oscillation arctique, peut également
favoriser la tendance à la décroissance si l’oscillation arctique est dans un
mode positif. Celui-ci a pour effet de déplacer le jet stream depuis les moyennes
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