“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 377 — #400
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10. Des climats du passé aux climats du futur
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couverture neigeuse, c’est-à-dire la surface terrestre recouverte par la neige,
a diminué au printemps et en été depuis les années 1920, avec une décroissance encore plus marquée depuis la fin des années 1970, mais pas en hiver,
malgré le réchauffement hivernal. Cette tendance est liée au fait que des températures plus élevées produisent un accroissement des précipitations. Or les
glaciers, comme les calottes de glace, ont leur équilibre gouverné par deux
processus : l’ablation (perte) et l’accumulation (gain). Ainsi, en hiver, les
températures augmentent mais il fait froid, cela procure peu d’ablation, mais
par contre, il y a une augmentation des précipitations neigeuses. Dans l’hémisphère nord, entre 1967 et 1987, la moyenne annuelle des surfaces enneigées
était de 24,4 × 10
6 km
2 . Depuis 1988, ce chiffre est tombé à 23,1 × 10
6 km
2 .
Outre la diminution de la moyenne annuelle de la couverture neigeuse, les
observations récentes montrent un décalage du maximum de l’étendue neigeuse du mois de février au mois de janvier ainsi qu’une fonte plus précoce,
décalée d’environ deux semaines entre 1972 et 2000. Cette décroissance de la
couverture neigeuse s’observe essentiellement dans l’hémisphère nord. Dans
l’hémisphère sud, il existe très peu de données en dehors de l’Antarctique,
et celles-ci sont souvent de bien moins bonne qualité que dans l’hémisphère
nord.
10.1.6.2 Évolution de la banquise
La glace de mer, encore appelée banquise, est de l’eau de mer gelée. En
gelant, le sel est rejeté des cristaux de glace, élevant ainsi la densité des eaux
océaniques de surface. La formation de glace de mer peut donc avoir un impact direct sur l’intensité de la circulation thermo-haline. La glace de mer est
une surface extrêmement réfléchissante et a donc un albédo très élevé d’environ 0,8. À l’inverse, lorsque la glace de mer fond, la surface océanique non
recouverte par la glace absorbe environ 90 % du rayonnement, provoquant
ainsi un réchauffement de l’océan suivi d’un accroissement supplémentaire de
la température de surface. Ce phénomène constitue une rétroaction positive
entre la température et l’albédo. Ainsi, la glace de mer régule les échanges de
chaleur entre l’atmosphère et l’océan polaire. Elle isole les eaux océaniques
relativement « chaudes » de l’atmosphère, beaucoup plus froide, sauf lorsqu’il
existe des « cassures » (leads, en anglais) en hiver, qui permettent l’échange
de chaleur et de vapeur d’eau entre atmosphère et océan, ce qui peut affecter
localement la couverture nuageuse et le taux de précipitations.
L’extension, c’est-à-dire la surface océanique couverte par la glace de mer,
et l’épaisseur de la glace elle-même constituent les deux indicateurs de l’état
de la banquise. Typiquement, l’extension moyenne de la glace de mer arctique
varie de 14 à 16 × 10
6 km
2 à la fin de l’hiver (7 à 9 × 10
6 km
2 à la fin de l’été)
et de 17 à 20 × 10
6 km
2 en Antarctique (3 à 4 × 10
6 km
2 à la fin de l’été). Les
premiers suivis systématiques de l’état de la banquise datent de 1972 avec le
début des observations satellitaires. Pour des périodes plus anciennes, seules
quelques données éparses sont disponibles. La plupart des analyses concernant
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