“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 374 — #397
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Paléoclimatologie
de la planète. De plus, événements rares par définition, les extrêmes n’offrent
que peu de cas d’étude, et la détection d’éventuelles tendances requiert une
analyse sur de longues périodes de temps. En particulier, un événement isolé,
si intense soit-il, ne saura être relié au changement climatique à long terme, et
a fortiori attribué au forçage anthropique. L’étude des événements extrêmes
est ainsi souvent limitée par la disponibilité de jeux de données aux résolutions
spatiale et temporelle suffisantes.
10.1.5.1 Extrêmes de température
Les événements extrêmes de température concernent généralement des régions étendues (typiquement plusieurs milliers de kilomètres), et peuvent s’accompagner d’extrêmes d’autres variables climatiques (e.g. sécheresse pendant
un été chaud, tempêtes de neige pendant un hiver froid). Leurs impacts sur les
écosystèmes ou les activités humaines sont ainsi particulièrement importants.
L’exemple récent le plus frappant est probablement la canicule européenne
de l’été 2003 qui, avec une température de 2,5
◦ C supérieure aux normales
de saison, dépassa les trois écarts types de la distribution des températures
estivales européennes, et s’accompagna d’impacts socio-économiques et environnementaux dramatiques : forte mortalité, perte de production énergétique,
pics de pollution urbaine, incendies, accélération de la fonte des glaciers... Cet
épisode, au temps de retour estimé à plusieurs milliers d’années, a mis en évidence l’amplification des vagues de chaleur estivales par les déficits d’humidité
des sols (Vautard et al., 2007 [29]). L’assèchement attendu du sud de l’Europe
dans le futur pourrait ainsi rendre les extrêmes chauds d’été plus intenses et
plus fréquents.
Passés davantage inaperçus, l’automne 2006 et le printemps 2007 ont également battu des records chauds de température en Europe, avec des anomalies
comparables en amplitude à celle de l’été 2003 (Beniston, 2007 [2]). Si l’on
rajoute à cette liste l’hiver 2006/07, tous les records saisonniers chauds de
température ont été battus, en Europe, depuis 2003. À l’inverse, les records
de froid datent de la décennie 1950-1960. À noter que si l’hiver 2009/10 a
donné l’impression d’être particulièrement froid en Europe, il était 3
◦ C plus
doux que 1962/63 : notre sensibilité au froid a évolué, et l’hiver 2009/10 peut
être considéré comme un événement extrême froid dans un climat déjà plus
chaud (Cattiaux et al., 2010 [5]).
Ces exemples européens illustrent un phénomène d’échelle globale : le quatrième rapport du GIEC souligne en effet que la distribution géographique
des changements de fréquence et d’amplitude des extrêmes de température
est cohérente avec celle du réchauffement moyen. Ce constat est néanmoins
à nuancer par le fait que les changements des distributions de température
sont souvent plus complexes qu’un simple décalage vers le chaud, et peuvent
se traduire par un étalement, un resserrement, et/ou l’apparition d’une asymétrie. De manière générale, le réchauffement est ainsi plus marqué pour les
10 % de températures les plus froides que pour les 10 % les plus chaudes. Un
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Paléoclimatologie
de la planète. De plus, événements rares par définition, les extrêmes n’offrent
que peu de cas d’étude, et la détection d’éventuelles tendances requiert une
analyse sur de longues périodes de temps. En particulier, un événement isolé,
si intense soit-il, ne saura être relié au changement climatique à long terme, et
a fortiori attribué au forçage anthropique. L’étude des événements extrêmes
est ainsi souvent limitée par la disponibilité de jeux de données aux résolutions
spatiale et temporelle suffisantes.
10.1.5.1 Extrêmes de température
Les événements extrêmes de température concernent généralement des régions étendues (typiquement plusieurs milliers de kilomètres), et peuvent s’accompagner d’extrêmes d’autres variables climatiques (e.g. sécheresse pendant
un été chaud, tempêtes de neige pendant un hiver froid). Leurs impacts sur les
écosystèmes ou les activités humaines sont ainsi particulièrement importants.
L’exemple récent le plus frappant est probablement la canicule européenne
de l’été 2003 qui, avec une température de 2,5
◦ C supérieure aux normales
de saison, dépassa les trois écarts types de la distribution des températures
estivales européennes, et s’accompagna d’impacts socio-économiques et environnementaux dramatiques : forte mortalité, perte de production énergétique,
pics de pollution urbaine, incendies, accélération de la fonte des glaciers... Cet
épisode, au temps de retour estimé à plusieurs milliers d’années, a mis en évidence l’amplification des vagues de chaleur estivales par les déficits d’humidité
des sols (Vautard et al., 2007 [29]). L’assèchement attendu du sud de l’Europe
dans le futur pourrait ainsi rendre les extrêmes chauds d’été plus intenses et
plus fréquents.
Passés davantage inaperçus, l’automne 2006 et le printemps 2007 ont également battu des records chauds de température en Europe, avec des anomalies
comparables en amplitude à celle de l’été 2003 (Beniston, 2007 [2]). Si l’on
rajoute à cette liste l’hiver 2006/07, tous les records saisonniers chauds de
température ont été battus, en Europe, depuis 2003. À l’inverse, les records
de froid datent de la décennie 1950-1960. À noter que si l’hiver 2009/10 a
donné l’impression d’être particulièrement froid en Europe, il était 3
◦ C plus
doux que 1962/63 : notre sensibilité au froid a évolué, et l’hiver 2009/10 peut
être considéré comme un événement extrême froid dans un climat déjà plus
chaud (Cattiaux et al., 2010 [5]).
Ces exemples européens illustrent un phénomène d’échelle globale : le quatrième rapport du GIEC souligne en effet que la distribution géographique
des changements de fréquence et d’amplitude des extrêmes de température
est cohérente avec celle du réchauffement moyen. Ce constat est néanmoins
à nuancer par le fait que les changements des distributions de température
sont souvent plus complexes qu’un simple décalage vers le chaud, et peuvent
se traduire par un étalement, un resserrement, et/ou l’apparition d’une asymétrie. De manière générale, le réchauffement est ainsi plus marqué pour les
10 % de températures les plus froides que pour les 10 % les plus chaudes. Un
