“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 373 — #396
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10. Des climats du passé aux climats du futur
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Les mesures in situ sont affectées par les conditions atmosphériques (e.g. effet des vents très important, notamment pour les précipitations neigeuses).
Les observations spatiales, quant à elles, ne fournissent que des mesures instantanées et sont affectées par les incertitudes associées aux algorithmes de
conversion des mesures radiométriques en taux de précipitation. Du fait de
ces difficultés, les climatologues examinent la cohérence d’un ensemble de variables complémentaires associées au cycle hydrologique. L’une des manières
de représenter les changements de précipitation au cours du dernier siècle
ou des dernières décennies est de calculer l’indice de sécheresse de Palmer
(ou PDSI, pour Palmer Drought Severity Index ). Cet indice représente en
fait une mesure de la sécheresse, c’est-à-dire du déficit cumulé de l’humidité
du sol en surface par rapport aux conditions moyennes locales. Il est fondé
sur les précipitations récentes et sur l’humidité atmosphérique (déterminée à
partir des températures). De manière générale, les analyses effectuées sur le
dernier siècle suggèrent une tendance à l’assèchement pour une grande partie de l’Afrique, le sud de l’Eurasie, le Canada et l’Alaska. D’autres mesures
directes ou indirectes (réalisées par exemple à partir de l’estimation du débit
des rivières ou des mesures de salinité dans l’océan) montrent qu’au cours du
xx
e siècle, les précipitations ont généralement augmenté entre 30
◦ N et 85
◦ N
au-dessus des terres émergées, ainsi qu’en Argentine, mais des diminutions
importantes ont été observées depuis les trente ou quarante dernières années
entre 10
◦ S et 30
◦ N.
À l’heure actuelle, le principal défi est de déterminer les variations interannuelles et les tendances des changements de précipitation au-dessus des
océans. Les moyennes globales sont souvent peu représentatives et masquent
de larges disparités régionales. Cependant, l’observation des sécheresses particulièrement prononcées depuis une trentaine d’années, ainsi que des épisodes
de précipitations intenses dans de nombreuses régions illustrent clairement
une intensification du cycle hydrologique.
10.1.5 Les événements extrêmes
Les événements extrêmes sont la vitrine d’un contexte climatique. Généralement considérés comme les valeurs dépassant les 90
e (10
e ) ou 99
e (1
er )
centiles d’une variable climatique, ils traduisent ses fluctuations les plus exceptionnelles, et s’accompagnent des impacts sociétaux et environnementaux
les plus importants. Comme l’illustre le relais systématique des événements les
plus spectaculaires par les médias, l’évolution des caractéristiques statistiques
des extrêmes climatiques (fréquence, amplitude) est une question majeure du
changement climatique actuel, notamment pour le développement de stratégies d’adaptation.
Le terme « d’extrême climatique » couvre un large spectre d’événements
et d’échelles spatio-temporelles mises en jeu : des précipitations localement
intenses pendant quelques heures aux années extrêmement chaudes à l’échelle
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