“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 367 — #390
i
i
i
i
i
i
i
i
10. Des climats du passé aux climats du futur
367
interglaciaires). En 2005, le taux de méthane dans l’atmosphère, établi à partir d’un réseau de mesures couvrant quarante sites dans les deux hémisphères,
s’élève à 1 775 ppb, ces niveaux n’ayant jamais été atteints depuis au moins
800 000 ans. En l’espace de 25 ans, le CH 4 a subi une augmentation d’environ
30 %. Alors que le taux de croissance du méthane était supérieur à 1 % par an
durant les années 1970 et le début des années 1980, les années 1990 et le début
des années 2000 ont vu ce taux se stabiliser. Cependant, selon les résultats de
l’ensemble des réseaux de mesure, la concentration atmosphérique en CH 4 a
augmenté depuis 2007 pour atteindre 1 800 ppb. La véritable cause de cette
augmentation est encore inconnue. Le CH 4 est émis par de nombreuses activités agricoles (élevage de ruminants, riziculture) et industrielles (combustion
de la biomasse, industrie gazière et pétrolière), ainsi que par des processus
naturels (zones humides, pergélisol, tourbières). Il n’existe pas de données sur
les émissions annuelles de CH 4 dues aux activités industrielles, car celles-ci
sont difficiles à quantifier. Lorsque le climat se réchauffe, les émissions de CH 4
liées à des processus naturels peuvent augmenter (voir section 1.6.3). C’est ce
qui a été observé avec le dégel du pergélisol en Suède, mais aucune preuve à
grande échelle n’est disponible pour relier clairement ce processus à l’augmentation récente du méthane. Si la hausse observée est provoquée par la réponse
des réservoirs naturels au réchauffement climatique, celle-ci pourrait perdurer
pendant plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, et renforcer ainsi l’effet
de serre additionnel (rétroaction positive).
Le troisième gaz à effet de serre à fort pouvoir radiatif est le protoxyde
d’azote (N 2 O) dont la teneur n’a cessé d’augmenter depuis le début de l’ère
industrielle passant de 270 ppb à 319 ppb entre 1750 et 2005. Les principales
émissions naturelles de ce gaz proviennent de l’activité microbienne des sols
ou de processus océaniques. Les émissions anthropiques, quant à elles, sont
essentiellement liées à l’utilisation d’engrais azotés dans l’agriculture et à la
combustion fossile et l’industrie chimique.
Les halocarbures (ou hydrocarbures halogénés), responsables en particulier de la destruction de l’ozone stratosphérique, engendrent un forçage radiatif plus faible (0,33 W/m
2 ) que les trois principaux GES (CO 2 , CH 4 et
N 2 O), dont la contribution totale est de 2,30 W/m
2 . Leurs émissions sont
presque exclusivement d’origine anthropique. Pour lutter contre la destruction
de l’ozone stratosphérique, le Protocole de Montréal a réglementé la production des halocarbures contenant du chlore (les chlorofluorocarbonés ou CFC)
et du brome. Les produits de substitution qui ont été adoptés pour remplacer les CFC, dans les procédés de réfrigération par exemple, n’altèrent pas
la couche d’ozone mais restent en revanche de puissants gaz à effet de serre.
Les hydrocarbures perfluorés (PFC, tels que CF 4 et C 2 F 6 ) et l’hexafluorure
de soufre ont un temps de résidence dans l’atmosphère extrêmement long et
sont d’excellents absorbants du rayonnement infrarouge. Ainsi, même si ces
composés sont rejetés en faible quantité, leur impact sur l’effet de serre et sur
le climat est loin d’être négligeable.
Précédent

- 390/450

Suivant