“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 318 — #341
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Paléoclimatologie
décharges d’eau douce en Atlantique Nord, pour un contexte glaciaire, ont été
réalisées ces dernières années. Ces expériences, si on veut les mener avec une
résolution suffisamment fine pour pouvoir comparer les modèles aux reconstructions, requiert un temps de calcul à la limite des possibilités des plus puissants ordinateurs actuels. Par exemple, Kageyama et al. (2009) [17] montrent,
en utilisant un modèle de circulation générale océan-atmosphère, que le lien
entre le refroidissement en Atlantique Nord et la diminution de la mousson
indienne peut s’expliquer par une diminution du gradient de température estivale de la moitié supérieure de la troposphère entre l’océan Indien et le plateau
tibétain. Cependant, ces résultats sont obtenus pour des conditions correspondant au DMG et non au Stade isotopique marin 3, et des expériences complémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes de transmission du signal entre l’Atlantique Nord et l’Asie. En outre, ces expériences,
si elles reproduisent bien certains événements climatiques concomitants aux
événements de Heinrich (migration vers le sud de la Zone de convergence intertropicale, diminution de la mousson indienne, refroidissement et assèchement
en Europe de l’Ouest), ne parviennent pas à en reproduire d’autres, tels que
les variations de la mousson d’Asie du Sud-Est. La modélisation et la compréhension de la variabilité millénaire interne au système climatique reste donc
à bien des égards un défi pour les modélisateurs.
Nous avons abordé jusqu’ici la description de la variabilité climatique millénaire essentiellement sous l’angle du système Terre « physique », c’est-àdire incluant l’océan, l’atmosphère et la cryosphère. Cependant, les enregistrements contiennent plus de renseignements que cette simple description.
Prenons, par exemple, le cas des concentrations de méthane. Nous les avons
présentées comme utiles pour synchroniser les enregistrements du Groenland
et de l’Antarctique. Mais elles indiquent aussi les variations importantes de
cet important gaz à effet de serre, dont les sources sont les surfaces humides
tropicales et des hautes latitudes. Le rôle des phénomènes biogéochimiques
dans la variabilité climatique millénaire reste lui aussi à mieux comprendre et
modéliser.
8.3.2 Interactions événements rapides – grandes
transitions climatiques
Même si les événements rapides sont le produit de la variabilité interne
du système climatique, ils n’en sont pas moins sensibles à ses grandes variations à plus long terme. En particulier, en période glaciaire, ces événements
sont plus nombreux et de plus grande amplitude qu’en période interglaciaire.
Ceci fait penser à une expression différente de la variabilité millénaire suivant
la taille des calottes glaciaires de l’hémisphère nord. Les enregistrements à
haute résolution des dernières transitions climatiques (déglaciation entre le
DMG et l’Holocène, entrée dans la dernière glaciation) pourraient nous renseigner sur les conditions favorisant des événements de plus grande amplitude.
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