“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 317 — #340
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
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également avec les indicateurs paléoclimatiques eux-mêmes, simulés directement au sein du modèle. Ces auteurs ont d’ailleurs pu correctement prévoir
les variations du δ
18 O de la calcite des sédiments marins associées à l’événement à 8 200 ans, ce avant la publication des premières données mettant en
évidence l’événement à 8 200 dans les carottes sédimentaires marines.
Il est important de noter que bien que l’événement à 8 200 ans soit considéré comme un événement abrupt en période interglaciaire, cette classification
n’est pas exacte. En effet, il s’agit de la manifestation ultime d’un climat glaciaire par la vidange d’un lac périglaciaire, issu de la fonte d’une calotte de
glace. À ce jour, aucune variation abrupte de température faisant intervenir
le comportement des calottes glaciaires n’a été mise en évidence au cours de
l’Holocène.
8.3 Perspectives
8.3.1 Connexions globales
Les travaux de ces vingt dernières années ont permis de mettre en évidence
une variabilité du système climatique à des échelles de temps millénaires, caractérisée par des transitions s’opérant parfois seulement en quelques dizaines
d’années. Cette variabilité a été d’abord mise en évidence dans les carottes de
sédiments marins de l’Atlantique Nord, pour les événements de Heinrich, et
dans les carottes de glace du Groenland, pour ceux de Dansgaard-Oeschger.
Petit à petit, les analyses des enregistrements climatiques ont été effectuées à
des résolutions temporelles de plus en plus fines, et des variations de caractéristiques temporelles similaires à celles de l’Atlantique Nord et du Groenland
ont été découvertes dans des zones éloignées de cette première région, jusqu’au Pacifique Sud et en Antarctique, en passant par la Chine et le nord
de l’océan Indien, influencés par la mousson. L’interprétation de ces données
se base sur l’hypothèse que les échelles de temps associées à chaque enregistrement peuvent être très bien synchronisées. Cette synchronisation, cruciale,
constitue toujours, à l’heure actuelle et malgré des avancées dans les méthodes
de synchronisation relative (comme la concentration en méthane pour les carottes de glace ou les propriétés paléo-magnétiques pour les carottes marines),
un défi pour la communauté s’intéressant à la caractérisation de la variabilité
rapide.
Une description exhaustive, c’est-à-dire à l’échelle du globe, est très importante pour notre compréhension du climat et des variations qu’il peut
connaître de manière concomitante en des régions éloignées du globe. L’explication de ces connexions est également un défi que les modélisateurs doivent
relever, car tenter de modéliser ces événements, c’est tester la connaissance
du climat telle qu’elle a été retranscrite dans les modèles qui sont également
utilisés pour prévoir les climats futurs. Du point de vue de la modélisation,
les premières expériences de sensibilité du système océan-atmosphère à des
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
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également avec les indicateurs paléoclimatiques eux-mêmes, simulés directement au sein du modèle. Ces auteurs ont d’ailleurs pu correctement prévoir
les variations du δ
18 O de la calcite des sédiments marins associées à l’événement à 8 200 ans, ce avant la publication des premières données mettant en
évidence l’événement à 8 200 dans les carottes sédimentaires marines.
Il est important de noter que bien que l’événement à 8 200 ans soit considéré comme un événement abrupt en période interglaciaire, cette classification
n’est pas exacte. En effet, il s’agit de la manifestation ultime d’un climat glaciaire par la vidange d’un lac périglaciaire, issu de la fonte d’une calotte de
glace. À ce jour, aucune variation abrupte de température faisant intervenir
le comportement des calottes glaciaires n’a été mise en évidence au cours de
l’Holocène.
8.3 Perspectives
8.3.1 Connexions globales
Les travaux de ces vingt dernières années ont permis de mettre en évidence
une variabilité du système climatique à des échelles de temps millénaires, caractérisée par des transitions s’opérant parfois seulement en quelques dizaines
d’années. Cette variabilité a été d’abord mise en évidence dans les carottes de
sédiments marins de l’Atlantique Nord, pour les événements de Heinrich, et
dans les carottes de glace du Groenland, pour ceux de Dansgaard-Oeschger.
Petit à petit, les analyses des enregistrements climatiques ont été effectuées à
des résolutions temporelles de plus en plus fines, et des variations de caractéristiques temporelles similaires à celles de l’Atlantique Nord et du Groenland
ont été découvertes dans des zones éloignées de cette première région, jusqu’au Pacifique Sud et en Antarctique, en passant par la Chine et le nord
de l’océan Indien, influencés par la mousson. L’interprétation de ces données
se base sur l’hypothèse que les échelles de temps associées à chaque enregistrement peuvent être très bien synchronisées. Cette synchronisation, cruciale,
constitue toujours, à l’heure actuelle et malgré des avancées dans les méthodes
de synchronisation relative (comme la concentration en méthane pour les carottes de glace ou les propriétés paléo-magnétiques pour les carottes marines),
un défi pour la communauté s’intéressant à la caractérisation de la variabilité
rapide.
Une description exhaustive, c’est-à-dire à l’échelle du globe, est très importante pour notre compréhension du climat et des variations qu’il peut
connaître de manière concomitante en des régions éloignées du globe. L’explication de ces connexions est également un défi que les modélisateurs doivent
relever, car tenter de modéliser ces événements, c’est tester la connaissance
du climat telle qu’elle a été retranscrite dans les modèles qui sont également
utilisés pour prévoir les climats futurs. Du point de vue de la modélisation,
les premières expériences de sensibilité du système océan-atmosphère à des
