“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 319 — #342
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
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Cependant, ces transitions sont en fait ponctuées d’événements climatiques
abrupts. On peut alors se demander quel est le rôle de ces événements dans
la transition elle-même, sachant que l’amplitude d’un événement rapide peut
atteindre, pour le cas d’événements de Dansgaard-Oeschger dans les carottes
groenlandaises, une amplitude équivalente à la moitié de la différence entre
états glaciaire et interglaciaire.
Examinons le cas de la dernière déglaciation (Fig. 8.7). Quelques milliers d’années après le DMG survient l’événement de Heinrich H1. Les conditions climatiques reviennent à un niveau quasiment glaciaire. Cet événement
est suivi d’une phase chaude, la transition entre les deux événements étant
abrupte dans de nombreux enregistrements, en particulier autour de l’Atlantique Nord. C’est la phase du Bølling-Allerød, dont le climat est quasiment
interglaciaire. Cependant, cette période est suivie par la période froide du
Dryas récent, qui est parfois considérée comme l’événement de Heinrich le
plus récent (H0), à tort puisqu’il n’y a pas de couche d’éléments détritiques
correspondante dans la bande de Ruddiman. C’est après cette dernière phase
froide que se met définitivement en place (mis à part l’événement à 8 200 ans)
le climat du présent interglaciaire, l’Holocène.
Ceci montre que la dernière déglaciation n’a pas été une transition tranquille. Au contraire, elle est constituée d’une suite d’événements abrupts,
comme si le système climatique « hésitait » entre deux équilibres, l’un glaciaire et l’autre interglaciaire. Le rôle des événements abrupts au cours de
cette transition climatique est donc important, mais reste à comprendre et à
modéliser.
L’entrée dans la dernière glaciation, à la fin de l’Éémien, est également
caractérisée par l’apparition d’événements abrupts, dès ∼110 ka avant aujourd’hui, dans un contexte où des calottes glaciaires se sont déjà développées
sur le Canada. On pourrait penser que ces événements froids aident à l’entrée en glaciation, mais c’est oublier qu’un air plus froid aux hautes latitudes
contient également moins d’eau et est donc moins apte à apporter la quantité
d’eau nécessaire pour construire les calottes glaciaires à un rythme important.
Ces compensations doivent être évaluées. Ici aussi, l’influence des événements
abrupts sur l’évolution des calottes glaciaires reste à évaluer, en comparaison à d’autres mécanismes et rétroactions, tels que les évolutions plus lentes
de l’océan, des calottes glaciaires, de la végétation, des concentrations atmosphériques en gaz à effet de serre, ainsi que des forçages externes que sont
les changements d’insolation. C’est pour résoudre de telles questions que les
modèles du système Terre, permettant des expériences de sensibilité à chacun
de ces facteurs, peuvent aboutir à une meilleure compréhension des signaux
reconstruits.
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