“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 11 — #34
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1. Biogéochimie du système climatique...
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1.2.1.3 Les résultats récents du forage EPICA
La reconstruction de l’évolution temporelle des gaz à effet de serre couvre
désormais 800 000 ans grâce au forage EPICA au site de dôme C en Antarctique. Elle résulte de plus de vingt années d’analyses conduites progressivement sur d’autres forages groenlandais et antarctiques, celui de Vostok ayant
constitué une phase essentielle. Les étapes majeures ont été marquées par la
découverte de teneurs plus faibles durant la dernière glaciation, aussi bien en
CO 2 (Delmas et al., 1980) qu’en CH 4 (Stauffer et al., 1988 ; Raynaud et al.,
1988), l’obtention du premier profil temporel de CO 2 (Barnola et al., 1987)
et de CH 4 (Chappellaz et al., 1990) couvrant un cycle climatique complet,
puis l’extension de ces profils sur quatre cycles climatiques (Petit et al., 1999)
grâce à Vostok, pour aboutir à six puis huit cycles climatiques avec EPICA
(Siegenthaler et al., 2005 ; Spahni et al., 2005 ; Lüthi et al., 2008, Loulergue
et al., 2008).
Les gaz à effet de serre : CO 2 , CH 4 , N 2 O
L’ensemble des données disponibles sur l’évolution du CO 2 et du CH 4
au cours des derniers 800 000 ans (Lüthi et al., 2008 ; Loulergue et al.,
2008) est présenté en figure 1.4, en regard de la reconstruction des anomalies de température au site de Concordia, Antarctique (Jouzel et al., 2007).
Pour le méthane, plus de 2 200 mesures individuelles conduites sur le forage
EPICA/dôme C offrent une résolution temporelle moyenne exceptionnelle, de
380 ans. Le CO 2 présente une moindre résolution en raison du temps plus
important nécessaire pour ses analyses. L’enregistrement disponible combine
donc les données issues d’EPICA/dôme C (au-delà de 400 000 ans et entre 0
et −20 000 ans) et celles du forage Vostok.
Au premier regard, la corrélation entre les trois signaux apparaît remarquable : chaque optimum interglaciaire en température est associé à des teneurs élevées en CO 2 et en CH 4 , l’opposé étant valable pour les minima glaciaires. Le coefficient de corrélation r
2 entre CO 2 et anomalie de température
à Concordia atteint 0,82. On observe également des minima glaciaires relativement constants, autour de 180–190 ppmv pour le CO 2 (avec l’exception d’un
épisode daté à −667 ka, où il atteint seulement 172 ppmv) et 350–400 ppbv
pour le CH 4 . En revanche, les maxima interglaciaires montrent plus de variabilité. Ainsi durant le stade isotopique marin n
◦ 9 −320 ka), des niveaux
de 300 ppmv et de 780 ppbv sont atteints respectivement, ce qui en font les
teneurs les plus élevées observées au cours des derniers 800 000 ans, hors l’impact anthropique récent (atteignant 380 ppmv et 1 800 ppbv respectivement).
Plus généralement, les quatre interglaciaires les plus récents sont associés à
des teneurs en CO 2 et en CH 4 plus élevées que les quatre précédents (à l’exception du stade isotopique marin n
◦ 19 pour le CH 4 ), en concomitance avec
des températures plus élevées à Concordia.
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