“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 67 — #81
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3 - La maturité de l’énergie nucléaire
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En France, nous l’avons vu, un développement rapide de l’énergie nucléaire est prôné.
Pendant la décennie 1960, dans les conclusions de ses travaux, la Commission PEON
(commission consultative pour la production d’électricité d’origine nucléaire) recommande
vivement le développement de l’énergie nucléaire pour pallier le manque quasi total de
sources d’énergie sur le territoire national. Ces années sont aussi l’occasion d’un réexamen sans concession des principales filières. Des divergences entre les deux principaux
partenaires, EdF et le CEA, apparaissent. Pour faire toute la lumière sur cette « guerre
des filières », un rapport technique est demandé à Jean Cabanius, directeur de l’équipement à EdF, et à Jules Horowitz, directeur des piles atomiques au CEA : leurs conclusions
(1967) laissent clairement apparaître entre le coût du kilowattheure produit par une centrale UNGG et une centrale de type américain PWR de même puissance (500 MWé) une
différence d’au moins 20 % en faveur de cette dernière. Cependant, le gouvernement
engage deux centrales UNGG
1 à réaliser à Fessenheim, dans le Haut-Rhin, tout en poursuivant, en collaboration avec la Belgique, une expérience industrielle sur les réacteurs à
eau sous pression (SENA puis Tihange). Très vite, toutefois, on assistera à un retournement
de situation : le 13 novembre 1969, au grand dam de la plupart des physiciens du CEA, la
décision est prise par le gouvernement, en Conseil interministériel restreint présidé par le
nouveau président de la République, Georges Pompidou, de s’orienter vers la filière des
réacteurs à eau estimée économiquement plus attrayante que la filière UNGG : les deux
arguments essentiels sont, d’une part, l’effet de taille (un réacteur à eau est beaucoup
plus compact qu’un réacteur à graphite) et, d’autre part, l’assise industrielle des grandes
sociétés américaines.
Le développement de Framatome et la francisation
du REP
Dans ce contexte, deux sociétés françaises se préparent : Framatome (société francoaméricaine de constructions atomiques) devient licencié de Westinghouse pour la
technologie PWR et le groupe CGE (compagnie générale d’électricité, devenue en 1991
Alcatel-Alsthom) de General Electric pour la technologie BWR. En effet, il est prévu de
développer à parité ces deux filières de réacteurs à eau.
EdF qui s’était donc quelque peu initiée à la technologie des réacteurs à eau avec
ses participations à Chooz (mise en service en 1967
2 ) et à Tihange (mise en service en
1975 par la SEMO, société belgo-française d’énergie nucléaire mosane) est autorisée à
lancer, en 1970, la construction, au lieu des deux réacteurs UNGG initialement prévus,
de deux unités REP (réacteurs à eau sous pression) de 900 MWé à Fessenheim (elles seront
couplées au réseau en 1977), puis quelques années après de quatre autres à Bugey, dans
l’Ain
3 : c’est le contrat dit CP0 (contrat programme zéro).
Les deux unités REB (réacteur à eau bouillante) également engagées à cette époque seront finalement annulées, car s’avérant sensiblement plus coûteuses (Conseil interministériel du 4 août 1975). À la suite du choc pétrolier de 1973, le contrat CP0 sera suivi
1 Le Général de Gaulle était l’un des plus fervents à soutenir cette filière nationale.
2 Voir le chapitre précédent.
3 Sur le site où fut construit le dernier réacteur de la filière UNGG.
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3 - La maturité de l’énergie nucléaire
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En France, nous l’avons vu, un développement rapide de l’énergie nucléaire est prôné.
Pendant la décennie 1960, dans les conclusions de ses travaux, la Commission PEON
(commission consultative pour la production d’électricité d’origine nucléaire) recommande
vivement le développement de l’énergie nucléaire pour pallier le manque quasi total de
sources d’énergie sur le territoire national. Ces années sont aussi l’occasion d’un réexamen sans concession des principales filières. Des divergences entre les deux principaux
partenaires, EdF et le CEA, apparaissent. Pour faire toute la lumière sur cette « guerre
des filières », un rapport technique est demandé à Jean Cabanius, directeur de l’équipement à EdF, et à Jules Horowitz, directeur des piles atomiques au CEA : leurs conclusions
(1967) laissent clairement apparaître entre le coût du kilowattheure produit par une centrale UNGG et une centrale de type américain PWR de même puissance (500 MWé) une
différence d’au moins 20 % en faveur de cette dernière. Cependant, le gouvernement
engage deux centrales UNGG
1 à réaliser à Fessenheim, dans le Haut-Rhin, tout en poursuivant, en collaboration avec la Belgique, une expérience industrielle sur les réacteurs à
eau sous pression (SENA puis Tihange). Très vite, toutefois, on assistera à un retournement
de situation : le 13 novembre 1969, au grand dam de la plupart des physiciens du CEA, la
décision est prise par le gouvernement, en Conseil interministériel restreint présidé par le
nouveau président de la République, Georges Pompidou, de s’orienter vers la filière des
réacteurs à eau estimée économiquement plus attrayante que la filière UNGG : les deux
arguments essentiels sont, d’une part, l’effet de taille (un réacteur à eau est beaucoup
plus compact qu’un réacteur à graphite) et, d’autre part, l’assise industrielle des grandes
sociétés américaines.
Le développement de Framatome et la francisation
du REP
Dans ce contexte, deux sociétés françaises se préparent : Framatome (société francoaméricaine de constructions atomiques) devient licencié de Westinghouse pour la
technologie PWR et le groupe CGE (compagnie générale d’électricité, devenue en 1991
Alcatel-Alsthom) de General Electric pour la technologie BWR. En effet, il est prévu de
développer à parité ces deux filières de réacteurs à eau.
EdF qui s’était donc quelque peu initiée à la technologie des réacteurs à eau avec
ses participations à Chooz (mise en service en 1967
2 ) et à Tihange (mise en service en
1975 par la SEMO, société belgo-française d’énergie nucléaire mosane) est autorisée à
lancer, en 1970, la construction, au lieu des deux réacteurs UNGG initialement prévus,
de deux unités REP (réacteurs à eau sous pression) de 900 MWé à Fessenheim (elles seront
couplées au réseau en 1977), puis quelques années après de quatre autres à Bugey, dans
l’Ain
3 : c’est le contrat dit CP0 (contrat programme zéro).
Les deux unités REB (réacteur à eau bouillante) également engagées à cette époque seront finalement annulées, car s’avérant sensiblement plus coûteuses (Conseil interministériel du 4 août 1975). À la suite du choc pétrolier de 1973, le contrat CP0 sera suivi
1 Le Général de Gaulle était l’un des plus fervents à soutenir cette filière nationale.
2 Voir le chapitre précédent.
3 Sur le site où fut construit le dernier réacteur de la filière UNGG.
