“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 129 — #143
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Conclusion : nucléaire et développement durable
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— Le coût total étant du même ordre de grandeur, l’énergie nucléaire est compétitive
avec les énergies fossiles. (Hormis l’hydroélectricité, les énergies renouvelables ne sont
pas aujourd’hui compétitives à cause d’un coût d’investissement très élevé.)
— Contrairement à ceux du gaz et du pétrole, ce coût est stable vis-à-vis des aléas
économiques et politiques, d’une part parce que l’uranium ne représente qu’une très faible
part (environ 5 %), d’autre part parce que les gisements de ce métal sont nombreux et
bien répartis ; les principaux se trouvent dans des pays politiquement stables : Canada,
Australie, Afrique du Sud et Afrique Noire, Brésil...
— Dans les pays développés ne disposant que de peu d’énergie sur leur territoire (ce
qui est le cas de beaucoup de pays d’Europe tels la France, mais aussi du Japon, de la Corée
du Sud, etc.), les parties « investissement » et « exploitation » correspondent à une dépense
d’argent national alors que la partie « combustible » correspond à une importation : dans
ces pays, la mise en place du nucléaire réduit la dépendance énergétique vis-à-vis de
l’extérieur et contribue à l’amélioration de la balance commerciale en réduisant les achats
de combustibles classiques. C’est ainsi qu’en 1973, avant qu’elle s’équipe massivement
en centrales nucléaires, la France dépendait de l’extérieur pour 77 % en ce qui concerne
l’énergie et qu’aujourd’hui ce taux est tombé à 50 %.
— L’industrie nucléaire est une industrie à haute technicité : elle est créatrice d’emplois
et nécessite un fort investissement éducatif. Pour l’industrie française c’est un point fort
dans la compétition mondiale.
• Aspects environnementaux
— Comme pour toute centrale thermique, une partie de la chaleur produite par le
réacteur ne pourra pas être convertie en électricité. La « pollution thermique » des centrales
nucléaires actuelles est un peu plus importante que celle des centrales à charbon ou à gaz
dont le rendement est un peu plus élevé.
— Une centrale nucléaire représente un risque potentiel très important en cas d’accident à cause de la grande quantité de produits radioactifs se formant dans le cœur. Mais ce
risque a été précisément analysé et abaissé tant sur le plan de la prévention (la probabilité
d’accident a pu être réduite à une valeur extrêmement faible) que sur celui de la mitigation (les conséquences d’un accident, s’il se produisait malgré la prévention, seraient
minimes).
— L’énergie nucléaire représente aussi un risque par la nocivité des « cendres » qu’elle
produit. Mais ce risque, également, est bien maîtrisé. Ces « cendres » sont produites en
quantités relativement faibles, comme nous l’avons vu, et elles peuvent être triées en fonction de leurs caractéristiques pour être gérées au mieux. Il faut rappeler à ce sujet que, ces
produits disparaissant par radioactivité, la situation ne peut que s’améliorer avec le temps,
contrairement aux déchets chimiques usuels (mercure, arsenic, etc.) qui ont une durée de
vie infinie. Il faut rappeler aussi que l’activité — c’est-à-dire la nocivité — est inversement
proportionnelle à la durée de vie : les produits les plus actifs disparaissent vite ; ceux qui
ont de longues durées de vie sont peu actifs.
— En situation normale, une centrale nucléaire ne rejette qu’extrêmement peu de
radioactivité sous forme d’effluents liquides et gazeux, et ces effluents sont soigneusement
contrôlés. Le risque associé est totalement insignifiant. (Paradoxalement, une centrale à
charbon déverse plus de radioactivité dans l’environnement qu’une centrale nucléaire ;
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