“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 128 — #142
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L’épopée de l’énergie nucléaire
suffisent pour l’approvisionner ; une centrale à charbon de même puissance consomme
douze millions de tonnes de combustible par an, nécessitant plus de dix trains de
3 000 tonnes par jour !
— La première conséquence de cette faible consommation est l’autonomie : un réacteur nucléaire producteur d’électricité fonctionne en continu pendant une année environ
avec une charge de combustible ; il est facile d’entreposer sur le site d’une centrale des réserves d’uranium pour plusieurs années. Outre l’avantage d’une énergie anaérobie, cette
autonomie s’est également avérée cruciale pour les navires nucléaires, notamment les
sous-marins capables de fonctionner plusieurs mois sans faire surface.
— Deuxième conséquence de la faible masse de combustible : la faible quantité des
« cendres ». C’est ainsi que la France ne produit en moyenne que 1 kg de déchets nucléaires par habitant et par an (dont 900 grammes de déchets « A » faiblement radioactifs,
90 grammes de déchets « B » moyennement radioactifs et seulement 10 grammes de déchets « C » fortement radioactifs, les seuls nécessitant une gestion rigoureuse sur le long
terme) ; ces chiffres sont à comparer aux 2 500 kg de déchets industriels et domestiques de
toutes natures par habitant et par an.
— Le traitement de ces déchets nécessite une attention toute particulière. Ils ne peuvent
pas être dispersés sans précaution dans l’environnement comme cela est fait par exemple
pour le gaz carbonique CO 2 des centrales classiques et des véhicules routiers (en France,
plus de six tonnes de CO 2 sont rejetées par habitant et par an, et bien davantage dans
les pays développés qui ont moins de centrales nucléaires). Mais les dangers de la radioactivité sont bien connus et les mesures sont précises, donc le contrôle de ces produits est
facile : une gestion rigoureuse a été mise en place dans tous les pays pour les applications
médicales et industrielles du nucléaire.
— Avec les technologies d’aujourd’hui (par exemple, celle des réacteurs à eau sous
pression équipant la France), les réserves énergétiques de l’uranium sont du même ordre
de grandeur que celles du pétrole et du gaz, soit quelques dizaines d’années au rythme
actuel de la consommation. En un ou deux siècles (un instant à l’échelle de la durée de
la vie sur la planète et même de l’humanité !), l’homme aura ainsi prélevé dans la nature
ce qu’elle aura mis des centaines de millions d’années à accumuler. Mais contrairement
au pétrole et au gaz, le pouvoir énergétique de l’uranium peut être multiplié par cent
grâce à un procédé connu, la surgénération. C’est dire que s’il y lieu d’être inquiet de la
pénurie prévisible de pétrole et de gaz, on peut, au contraire, tabler sur l’uranium (et le
thorium) pour une fourniture d’énergie sur un beaucoup plus long terme. Avec la fusion
thermonucléaire, l’horizon d’un risque de pénurie d’énergie s’éloigne même pratiquement
à l’infini.
• Aspects économiques
— Une tranche nucléaire telles celles exploitées par EdF coûte approximativement
1,5 milliards d’euros
1 , et il faut six ans pour la construire. L’uranium, en revanche, est
relativement bon marché. Les centrales nucléaires se caractérisent ainsi par un important
coût d’investissement et un faible coût du combustible, alors que c’est l’inverse pour les
centrales classiques, à gaz par exemple.
1 On peut retenir cet ordre de grandeur pour les réacteurs de 900 MWé qu’EdF a construit en France ou que
Framatome a exporté. Le coût d’un EPR (1 600 MWé) est estimé à 2,8 miliards d’euros.
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L’épopée de l’énergie nucléaire
suffisent pour l’approvisionner ; une centrale à charbon de même puissance consomme
douze millions de tonnes de combustible par an, nécessitant plus de dix trains de
3 000 tonnes par jour !
— La première conséquence de cette faible consommation est l’autonomie : un réacteur nucléaire producteur d’électricité fonctionne en continu pendant une année environ
avec une charge de combustible ; il est facile d’entreposer sur le site d’une centrale des réserves d’uranium pour plusieurs années. Outre l’avantage d’une énergie anaérobie, cette
autonomie s’est également avérée cruciale pour les navires nucléaires, notamment les
sous-marins capables de fonctionner plusieurs mois sans faire surface.
— Deuxième conséquence de la faible masse de combustible : la faible quantité des
« cendres ». C’est ainsi que la France ne produit en moyenne que 1 kg de déchets nucléaires par habitant et par an (dont 900 grammes de déchets « A » faiblement radioactifs,
90 grammes de déchets « B » moyennement radioactifs et seulement 10 grammes de déchets « C » fortement radioactifs, les seuls nécessitant une gestion rigoureuse sur le long
terme) ; ces chiffres sont à comparer aux 2 500 kg de déchets industriels et domestiques de
toutes natures par habitant et par an.
— Le traitement de ces déchets nécessite une attention toute particulière. Ils ne peuvent
pas être dispersés sans précaution dans l’environnement comme cela est fait par exemple
pour le gaz carbonique CO 2 des centrales classiques et des véhicules routiers (en France,
plus de six tonnes de CO 2 sont rejetées par habitant et par an, et bien davantage dans
les pays développés qui ont moins de centrales nucléaires). Mais les dangers de la radioactivité sont bien connus et les mesures sont précises, donc le contrôle de ces produits est
facile : une gestion rigoureuse a été mise en place dans tous les pays pour les applications
médicales et industrielles du nucléaire.
— Avec les technologies d’aujourd’hui (par exemple, celle des réacteurs à eau sous
pression équipant la France), les réserves énergétiques de l’uranium sont du même ordre
de grandeur que celles du pétrole et du gaz, soit quelques dizaines d’années au rythme
actuel de la consommation. En un ou deux siècles (un instant à l’échelle de la durée de
la vie sur la planète et même de l’humanité !), l’homme aura ainsi prélevé dans la nature
ce qu’elle aura mis des centaines de millions d’années à accumuler. Mais contrairement
au pétrole et au gaz, le pouvoir énergétique de l’uranium peut être multiplié par cent
grâce à un procédé connu, la surgénération. C’est dire que s’il y lieu d’être inquiet de la
pénurie prévisible de pétrole et de gaz, on peut, au contraire, tabler sur l’uranium (et le
thorium) pour une fourniture d’énergie sur un beaucoup plus long terme. Avec la fusion
thermonucléaire, l’horizon d’un risque de pénurie d’énergie s’éloigne même pratiquement
à l’infini.
• Aspects économiques
— Une tranche nucléaire telles celles exploitées par EdF coûte approximativement
1,5 milliards d’euros
1 , et il faut six ans pour la construire. L’uranium, en revanche, est
relativement bon marché. Les centrales nucléaires se caractérisent ainsi par un important
coût d’investissement et un faible coût du combustible, alors que c’est l’inverse pour les
centrales classiques, à gaz par exemple.
1 On peut retenir cet ordre de grandeur pour les réacteurs de 900 MWé qu’EdF a construit en France ou que
Framatome a exporté. Le coût d’un EPR (1 600 MWé) est estimé à 2,8 miliards d’euros.
