“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 127 — #141
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Conclusion :
nucléaire et développement
durable
Aujourd’hui, l’énergie de la fission nucléaire contribue pour environ 16 % à la production d’électricité mondiale. Techniquement, cette contribution pourrait sans aucun doute
être accrue jusqu’à un niveau comparable à celui atteint en France, 75 % environ. Est-ce
possible ? Est-ce souhaitable ?
Dans les développements industriels, en particulier ceux liés à la production d’énergie, les risques d’atteinte à l’environnement et d’épuisement des ressources sont devenus
aujourd’hui une préoccupation majeure de l’opinion. Comment se place l’énergie nucléaire dans cette compétition, ou plutôt cette complémentarité, entre les sources fossiles
d’énergie chimique (charbon, pétrole, gaz...) et renouvelables (hydraulique, solaire, éolien, géothermie...) ? Quels sont ses atouts sur le long terme ? Pour tenter de répondre à
ces questions, résumons les spécificités de cette source d’énergie et examinons les défis
qu’elle devra relever pour perdurer.
Les spécificités de l’énergie nucléaire
• Aspects technologiques
— Les réacteurs nucléaires ne sont capables, en pratique, que de produire de la chaleur,
celle-ci étant le plus souvent convertie en électricité. Cela les rend mal adaptés à certains
usages pourtant gros consommateurs d’énergie, notamment le transport sur routes.
— Même dans cette tâche de production d’électricité, les réacteurs nucléaires manquent
un peu de souplesse par rapport aux centrales à combustible classique. C’est pour cette
raison qu’on préfère, en général, utiliser les centrales nucléaires « en base » (fourniture
continue de courant) en demandant aux centrales classiques de s’adapter aux « pointes »
de consommation. Cependant, en France où les trois quarts de la fourniture d’électricité
sont d’origine nucléaire, les ingénieurs d’Électricité de France savent moduler la production des centrales nucléaires en fonction de la demande.
— Les réacteurs nucléaires ne sont viables économiquement qu’à partir d’une certaine
taille : contrairement, par exemple, à l’énergie solaire ou à l’énergie éolienne qui peut facilement être mise en œuvre à l’échelle d’une famille, les réacteurs nucléaires sont presque
inévitablement des machines centralisées de grande puissance.
— La masse du combustible consommé dans une centrale nucléaire est extrêmement
faible : par exemple, une grande centrale nucléaire (quatre réacteurs de 1 300 MW d’électricité) consomme chaque année 140 tonnes d’uranium ; quelques voyages de camions
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Conclusion :
nucléaire et développement
durable
Aujourd’hui, l’énergie de la fission nucléaire contribue pour environ 16 % à la production d’électricité mondiale. Techniquement, cette contribution pourrait sans aucun doute
être accrue jusqu’à un niveau comparable à celui atteint en France, 75 % environ. Est-ce
possible ? Est-ce souhaitable ?
Dans les développements industriels, en particulier ceux liés à la production d’énergie, les risques d’atteinte à l’environnement et d’épuisement des ressources sont devenus
aujourd’hui une préoccupation majeure de l’opinion. Comment se place l’énergie nucléaire dans cette compétition, ou plutôt cette complémentarité, entre les sources fossiles
d’énergie chimique (charbon, pétrole, gaz...) et renouvelables (hydraulique, solaire, éolien, géothermie...) ? Quels sont ses atouts sur le long terme ? Pour tenter de répondre à
ces questions, résumons les spécificités de cette source d’énergie et examinons les défis
qu’elle devra relever pour perdurer.
Les spécificités de l’énergie nucléaire
• Aspects technologiques
— Les réacteurs nucléaires ne sont capables, en pratique, que de produire de la chaleur,
celle-ci étant le plus souvent convertie en électricité. Cela les rend mal adaptés à certains
usages pourtant gros consommateurs d’énergie, notamment le transport sur routes.
— Même dans cette tâche de production d’électricité, les réacteurs nucléaires manquent
un peu de souplesse par rapport aux centrales à combustible classique. C’est pour cette
raison qu’on préfère, en général, utiliser les centrales nucléaires « en base » (fourniture
continue de courant) en demandant aux centrales classiques de s’adapter aux « pointes »
de consommation. Cependant, en France où les trois quarts de la fourniture d’électricité
sont d’origine nucléaire, les ingénieurs d’Électricité de France savent moduler la production des centrales nucléaires en fonction de la demande.
— Les réacteurs nucléaires ne sont viables économiquement qu’à partir d’une certaine
taille : contrairement, par exemple, à l’énergie solaire ou à l’énergie éolienne qui peut facilement être mise en œuvre à l’échelle d’une famille, les réacteurs nucléaires sont presque
inévitablement des machines centralisées de grande puissance.
— La masse du combustible consommé dans une centrale nucléaire est extrêmement
faible : par exemple, une grande centrale nucléaire (quatre réacteurs de 1 300 MW d’électricité) consomme chaque année 140 tonnes d’uranium ; quelques voyages de camions
