“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 111 — #125
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4 - Perspectives de l’énergie nucléaire
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En ce qui concerne le premier point, il est peu vraisemblable que les Allemands décideront à court terme de construire un nouveau réacteur après la décision du gouvernement
Schröder de renoncer à terme au nucléaire. En France, en revanche, le gouvernement vient
d’autoriser EdF à lancer la construction, à Flamanville, d’un EPR de 1 600 MWé (annonce
d’EdF du 21 octobre 2004). Elle se justifie par le fait que la capacité du parc français
s’avère limite en cas de pointe de consommation ; elle devrait permettre d’accroître les
capacités d’exportation d’électricité vers les pays voisins (aujourd’hui, plus de 10 % de
la production d’électricité par les centrales françaises est exportée) ; et, surtout, elle prépare le renouvellement du parc. La décision française viendra aussi offrir une « vitrine » à
l’exportation.
En ce qui concerne l’exportation, l’espoir s’est récemment concrétisé en direction de la
Finlande qui a décidé, peu avant l’annonce française concernant Flamanville, la construction d’un cinquième réacteur et qui, après un appel d’offre international, a choisi l’EPR :
contrat entre AREVA/Siemens et TVO (Teollisuuden Voima Oy) signé le 18 décembre 2003
pour une troisième unité (1 600 MWé) sur le site d’Olkiluoto.
L’étude du multirecyclage du plutonium
Nous avons vu comment le plutonium produit par retraitement de combustibles irradiés
avait au cours des années changé de destination : prévu pour les réacteurs à neutrons
rapides, il a été introduit dans les réacteurs à eau. Ces derniers sont nettement moins
efficaces que les premiers pour bien utiliser ce combustible : en particulier, les réacteurs
à eau, dans la technologie actuelle, ne permettent pas de recycler une deuxième fois le
plutonium
2 .
Cela conduit à un accroissement continu du stock de plutonium, puisque le recyclage
dans les réacteurs à eau du plutonium de première génération (celui qui provient du retraitement des combustibles standards à uranium faiblement enrichi) n’en détruit, au mieux,
qu’un tiers (les deux autres tiers restent dans le combustible MOX irradié, aujourd’hui non
retraité). C’est ainsi que les études de scénarios montrent qu’en quelques dizaines d’années le stock de plutonium atteint des centaines de tonnes, rien que pour la France. Même
si ce plutonium a une mauvaise qualité isotopique pour une application militaire et même
s’il est difficile à extraire, puisque pour l’essentiel contenu dans des combustibles irradiés
fortement radioactifs, cela ne manque pas d’inquiéter
3 . Outre la crainte d’une récupération par une organisation terroriste, il y a là une source radioactive gigantesque et de
longue période (des dizaines à des centaines de milliers d’années selon les isotopes) : les
calculs montrent que le seul plutonium représente environ 90 % de la radiotoxicité à long
terme des combustibles irradiés, le reste provenant pour l’essentiel des actinides mineurs
2 Le retraitement du combustible MOX est possible à l’usine de La Hague, mais la composition isotopique du
plutonium de deuxième génération est dégradée, ce qui réduit l’intérêt d’un nouveau recyclage et rend plus
délicats les problèmes de neutronique : les plus fortes teneurs nécessaires aggravent les hétérogénéités et tendent
à rendre positif le coefficient de température du modérateur.
3 À court terme, l’extraction de ces matières serait difficile à cause de la radioactivité. À plus long terme, en
revanche, lorsque la radioactivité aura décru, les stockages des assemblages standards irradiés et non retraités
(dans les pays ne procédant au retraitement) ou des assemblages MOX irradiés (dans les pays recyclant une fois
le plutonium) pourraient constituer pour nos descendants une véritable « mine de plutonium » à exploiter pour
le meilleur... ou pour le pire.
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