“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 100 — #114
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L’épopée de l’énergie nucléaire
Le développement de la neutronique reste ainsi encore très vivant, et cela est nécessaire. Mais il faut rester dans une saine appréciation du rapport coût/précision.
L’auteur de ces lignes note aussi que l’extension du calcul numérique n’a pas tué
l’enseignement de la physique, au contraire. Par exemple, la formule des quatre facteurs
reste aujourd’hui à la base des cours de neutronique. Il est, en effet, indispensable qu’en
parallèle aux calculs sur ordinateurs, l’ingénieur conserve le sens des ordres de grandeur
et la capacité à faire quelques « évaluations de coin de table ». Combien est-il facile, en
effet, de faire une erreur dans la programmation ou l’entrée des données d’un code et
combien est-il dangereux de faire une confiance aveugle à la réponse d’un ordinateur !
Le sens critique et la capacité de comprendre et d’analyser des résultats reste et restera
l’apanage du bon physicien et de l’ingénieur consciencieux.
On trouvera en annexe à ce document les réflexions d’un acteur des développements
de la neutronique, Pierre Benoist. Même s’il est parfois quelque peu technique, ce témoignage traduit bien, nous semble-t-il, l’ambiance d’un service de recherche et développement dans le domaine de la neutronique et l’évolution radicale des méthodes de travail.
Three Mile Island (1979) et Tchernobyl (1986)
Cette période de la maturité de l’énergie nucléaire a vu deux accidents majeurs. Certes ce
ne sont pas les seuls accidents qu’on ait eu à déplorer dans ce domaine (citons notamment
l’incendie d’un des réacteurs de Windscale, en Grande Bretagne, le 10 octobre 1957),
mais ce sont incontestablement ceux qui ont le plus marqué les spécialistes de la sûreté et
le plus frappé l’opinion publique.
L’accident de Three Mile Island (États-Unis) a eu lieu le 28 mars 1979. Il concerne un
réacteur de type REP. À la base, cet accident résulta d’une banale erreur d’affichage en
salle de commande de la position d’une vanne ; de fil en aiguille, les erreurs de diagnostic
et les actions malencontreuses qu’elles entrainèrent conduisirent jusqu’à une fusion partielle du cœur. Cependant, grâce à l’enceinte de confinement de la centrale, il n’y a eu
pratiquement aucun rejet de radioactivité et l’accident ne fit pas de victime.
L’accident de Tchernobyl (Ukraine) a eu lieu le 26 avril 1986. Il concerne un réacteur de type RBMK. La cause profonde de l’accident est un laxisme impardonnable d’une
équipe de techniciens, ignorants de la physique neutronique et pressés de terminer des essais, qui ont délibérément passé outre toutes les consignes de sécurité ; en d’autres termes,
c’est une organisation totalement déficiente de la sûreté des centrales nucléaires qui est à
l’origine de l’accident. L’erreur eut des conséquences dramatiques car, dans la configuration atteinte alors, le coefficient de température devint positif (ce qui amplifia les moindres
perturbations) et lorsque la divergence intempestive survint, la chute des barres de commande fut trop lente pour l’enrayer. (Par la suite on a remédié sur les RBMK à ces deux
défauts de conception.) L’explosion de nature à la fois nucléaire et chimique qui suivit la
divergence incontrôlée répandit des quantités considérables de radioactivité qui se dispersèrent sur une bonne partie de l’Europe. C’est, là encore, le résultat d’une conception
défaillante, l’absence d’enceinte de confinement. (Cela ne pourra évidemment pas être
corrigé sur les autres RBMK.)
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L’épopée de l’énergie nucléaire
Le développement de la neutronique reste ainsi encore très vivant, et cela est nécessaire. Mais il faut rester dans une saine appréciation du rapport coût/précision.
L’auteur de ces lignes note aussi que l’extension du calcul numérique n’a pas tué
l’enseignement de la physique, au contraire. Par exemple, la formule des quatre facteurs
reste aujourd’hui à la base des cours de neutronique. Il est, en effet, indispensable qu’en
parallèle aux calculs sur ordinateurs, l’ingénieur conserve le sens des ordres de grandeur
et la capacité à faire quelques « évaluations de coin de table ». Combien est-il facile, en
effet, de faire une erreur dans la programmation ou l’entrée des données d’un code et
combien est-il dangereux de faire une confiance aveugle à la réponse d’un ordinateur !
Le sens critique et la capacité de comprendre et d’analyser des résultats reste et restera
l’apanage du bon physicien et de l’ingénieur consciencieux.
On trouvera en annexe à ce document les réflexions d’un acteur des développements
de la neutronique, Pierre Benoist. Même s’il est parfois quelque peu technique, ce témoignage traduit bien, nous semble-t-il, l’ambiance d’un service de recherche et développement dans le domaine de la neutronique et l’évolution radicale des méthodes de travail.
Three Mile Island (1979) et Tchernobyl (1986)
Cette période de la maturité de l’énergie nucléaire a vu deux accidents majeurs. Certes ce
ne sont pas les seuls accidents qu’on ait eu à déplorer dans ce domaine (citons notamment
l’incendie d’un des réacteurs de Windscale, en Grande Bretagne, le 10 octobre 1957),
mais ce sont incontestablement ceux qui ont le plus marqué les spécialistes de la sûreté et
le plus frappé l’opinion publique.
L’accident de Three Mile Island (États-Unis) a eu lieu le 28 mars 1979. Il concerne un
réacteur de type REP. À la base, cet accident résulta d’une banale erreur d’affichage en
salle de commande de la position d’une vanne ; de fil en aiguille, les erreurs de diagnostic
et les actions malencontreuses qu’elles entrainèrent conduisirent jusqu’à une fusion partielle du cœur. Cependant, grâce à l’enceinte de confinement de la centrale, il n’y a eu
pratiquement aucun rejet de radioactivité et l’accident ne fit pas de victime.
L’accident de Tchernobyl (Ukraine) a eu lieu le 26 avril 1986. Il concerne un réacteur de type RBMK. La cause profonde de l’accident est un laxisme impardonnable d’une
équipe de techniciens, ignorants de la physique neutronique et pressés de terminer des essais, qui ont délibérément passé outre toutes les consignes de sécurité ; en d’autres termes,
c’est une organisation totalement déficiente de la sûreté des centrales nucléaires qui est à
l’origine de l’accident. L’erreur eut des conséquences dramatiques car, dans la configuration atteinte alors, le coefficient de température devint positif (ce qui amplifia les moindres
perturbations) et lorsque la divergence intempestive survint, la chute des barres de commande fut trop lente pour l’enrayer. (Par la suite on a remédié sur les RBMK à ces deux
défauts de conception.) L’explosion de nature à la fois nucléaire et chimique qui suivit la
divergence incontrôlée répandit des quantités considérables de radioactivité qui se dispersèrent sur une bonne partie de l’Europe. C’est, là encore, le résultat d’une conception
défaillante, l’absence d’enceinte de confinement. (Cela ne pourra évidemment pas être
corrigé sur les autres RBMK.)
