Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
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Au AI Lab, les activités politiques de Stallman avaient une
tonalité plus tranchante. Pendant les années 1970, les hackers devaient affronter les mises en cause régulières des membres de la
faculté et de ses administrateurs. Ces derniers voulaient mettre
fin à l’ITS et à son fonctionnement à la mode hacker. L’ITS permettait en effet à quiconque de s’installer derrière un terminal
et de faire ce qu’il voulait, y compris ordonner l’arrêt du système
cinq minutes plus tard. Et si l’arrêt du système était demandé sans
bonne raison, un autre hacker pouvait en annuler la commande.
Or, au milieu de la décennie, de plus en plus d'enseignants
(surtout ceux qui n’avaient pas baigné dans la culture du MIT)
demandèrent un système de fichiers sécurisé pour protéger l’accès
à leurs données. Comme d’autres systèmes d’exploitation présentaient cette fonctionnalité, ces utilisateurs avaient pris l’habitude
de vivre avec le sentiment qu’ils étaient protégés contre quelque
chose de dangereux.
Malgré tout, sur l’insistance de Stallman et des autres hackers,
le AI Lab demeura provisoirement une zone franche. Stallman opposait des arguments d’ordre à la fois éthique et pratique à ces exigences sécuritaires. Sur le plan éthique, il en appelait à la tradition
d’ouverture et de confiance intellectuelle qui étaient la marque du
AI Lab. Sur le plan pratique, il faisait valoir que la structure interne de l’ITS était construite de manière à encourager le hacking
inspiration politique sur le campus de Harvard. « Pendant ma première année
à Harvard, dans un cours d’histoire chinoise, j’ai lu le récit de la première
révolte contre la dynastie Qin », écrit-il. [Il s’agit de la dynastie dont le cruel
fondateur brûla tous les livres et se fit enterrer avec son armée en terre cuite]
« Même si sa véracité est loin d’être établie d’un point de vue historique, j’en
avais été ému. »
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