Destituer Dieu
gens partageant sa prédilection pour les ordinateurs, la sciencefiction et la nourriture chinoise. Quinze ans après, lors d’un discours à l’Institut Technique Royal de Suède, Stallman se remémore
l’époque avec nostalgie : « Je me souviens des levers de soleil, qu’on
admirait depuis la voiture en revenant de Chinatown. C’était magnifique à voir, c’est un moment si calme dans la journée. L’instant
est merveilleux pour se préparer au coucher. C’est si bon de rentrer chez soi au petit matin et d’entendre le chant des oiseaux. On
se sent profondément serein, content du travail de la nuit. » 10
] ] ]
Plus Stallman fréquentait les hackers, plus il faisait sienne leur
vision du monde. Lui-même grand défenseur de la liberté individuelle, il commença à y mêler le sens d’une responsabilité envers la
communauté. Lorsque les autres violaient le code commun, Stallman n'hésitait pas à le faire observer. Moins d’un an après sa
première visite, il faisait déjà partie de ceux qui « libéraient » les
terminaux appartenant à l’ensemble du laboratoire.
Stallman ajouta même sa touche personnelle à cet art. La méthode classique lui paraissait trop difficile 11 . Une autre méthode
consistait à faire coulisser les dalles du plafond afin de franchir le
mur. Cela fonctionnait parfaitement (tant qu’il y avait un bureau
10. Voir la transcription de la conférence de Richard Stallman au KTH en
Suède (30 octobre 1986). http://www.gnu.org/philosophy/stallman-kth.html.
11. L’une des manières les plus sophistiquées d’ouvrir les portes, communément attribuée à Greenblatt, consistait à plier une tige de fer en formant
plusieurs angles droits puis à attacher à son extrémité un morceau de bande
adhésive. Glissant la tige sous la porte, un hacker pouvait ainsi la tourner de
manière à ce que la bande adhésive atteignît la poignée. Si l’adhésif ajouté sur
la bande tenait bon, le hacker pouvait ouvrir la porte en tirant sur la tige.
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gens partageant sa prédilection pour les ordinateurs, la sciencefiction et la nourriture chinoise. Quinze ans après, lors d’un discours à l’Institut Technique Royal de Suède, Stallman se remémore
l’époque avec nostalgie : « Je me souviens des levers de soleil, qu’on
admirait depuis la voiture en revenant de Chinatown. C’était magnifique à voir, c’est un moment si calme dans la journée. L’instant
est merveilleux pour se préparer au coucher. C’est si bon de rentrer chez soi au petit matin et d’entendre le chant des oiseaux. On
se sent profondément serein, content du travail de la nuit. » 10
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Plus Stallman fréquentait les hackers, plus il faisait sienne leur
vision du monde. Lui-même grand défenseur de la liberté individuelle, il commença à y mêler le sens d’une responsabilité envers la
communauté. Lorsque les autres violaient le code commun, Stallman n'hésitait pas à le faire observer. Moins d’un an après sa
première visite, il faisait déjà partie de ceux qui « libéraient » les
terminaux appartenant à l’ensemble du laboratoire.
Stallman ajouta même sa touche personnelle à cet art. La méthode classique lui paraissait trop difficile 11 . Une autre méthode
consistait à faire coulisser les dalles du plafond afin de franchir le
mur. Cela fonctionnait parfaitement (tant qu’il y avait un bureau
10. Voir la transcription de la conférence de Richard Stallman au KTH en
Suède (30 octobre 1986). http://www.gnu.org/philosophy/stallman-kth.html.
11. L’une des manières les plus sophistiquées d’ouvrir les portes, communément attribuée à Greenblatt, consistait à plier une tige de fer en formant
plusieurs angles droits puis à attacher à son extrémité un morceau de bande
adhésive. Glissant la tige sous la porte, un hacker pouvait ainsi la tourner de
manière à ce que la bande adhésive atteignît la poignée. Si l’adhésif ajouté sur
la bande tenait bon, le hacker pouvait ouvrir la porte en tirant sur la tige.
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