Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
proprement. En plus, si vous aviez à changer l’état (explicitement
visible) de la tâche avant de la relancer, tout restait cohérent. Il
n’y avait d’état caché nulle part. »
] ] ]
Dès septembre 1971, le hacking au AI Lab du MIT était devenu
une activité régulière dans l’agenda hebdomadaire de Stallman. Du
dimanche au vendredi, il était à Harvard ; dès le vendredi aprèsmidi, il prenait le métro vers le MIT pour y passer le week-end.
Il s’arrangeait pour être sûr d’arriver avant le départ de la traditionnelle excursion du dîner. Rejoignant cinq ou six autres hackers
dans leur quête nocturne de nourriture chinoise, il sautait à bord
d’une vieille voiture pour passer le pont de Harvard en direction
de Boston, non loin de là. Pendant les deux heures suivantes, lui
et ses collègues discutaient de tout, passant de l’ITS à la logique
interne de la langue chinoise et de son système d’idéogrammes.
Après le dîner, le groupe s’en retournait au MIT et programmait
jusqu’à l’aurore, ou décidait de retourner à Chinatown vers trois
heures du matin.
Stallman passait parfois toute la matinée du samedi à programmer ou dormir sur un canapé. Au réveil, il se remettait au travail
ou retournait à un restaurant chinois, avant de rentrer à Harvard.
Il lui arrivait de rester jusqu’au dimanche. Ces délicieux repas lui
permettaient de pallier la médiocrité de ceux servis aux cantines
de Harvard, où il ne trouvait en moyenne comestible qu’un repas
par jour — il n’y appréciait pas les petits déjeuners, de surcroît à
un moment de la journée où il sommeillait.
Pour l’excentrique marginal fréquentant peu ses condisciples,
c’était une expérience grisante que de soudainement flâner avec des
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