Destituer Dieu
le système de mémoire virtuelle paginée — qui allait permettre au
PDP-10 de s’affranchir de certaines limitations matérielles de mémoire 9 .
En tant qu’apprenti hacker, Stallman s’enticha rapidement de
l’ITS. Bien qu’inaccessible au commun des non-hackers, le système affichait insolemment des caractéristiques que la plupart de
ses équivalents commerciaux n’offriraient pas avant au moins une
décennie : le multitâche, le lancement du débogueur dès l’exécution
des programmes, ou encore l’édition en mode multiligne pleinécran.
« L’ITS avait un mécanisme interne très élégant permettant
à un programme d’en examiner un autre, se souvient Stallman.
Vous pouviez analyser tous les états d’un autre programme d’une
manière propre et bien détaillée ». Des possibilités non seulement
très pratiques pour le débogage, mais qui permettaient aussi à des
programmes d’en contrôler, démarrer ou stopper d’autres.
Autre fonction appréciée, la possibilité pour un programme de
geler, entre deux instructions, la tâche d’un autre. Sur d’autres
systèmes d’exploitation, une opération semblable aurait pu provoquer un arrêt du programme au beau milieu d’un appel système,
avec un état interne impossible à connaître pour l’utilisateur et
dénué d’une signification déterminée. Grâce à l’ITS, le contrôle
des opérations étape par étape devenait fiable et cohérent.
« Si vous disiez ‘arrête le travail’, le programme s’arrêtait toujours en mode utilisateur. Il s’arrêtait entre deux instructions sur
ce mode, et tout le travail était ordonné jusqu’à ce point-là, raconte Stallman. Si vous disiez ‘reprends le travail’, il continuait
9. Il faut excuser la brièveté de ce résumé de la genèse de l’ITS, un système
d’exploitation que bien des hackers considèrent encore comme le parangon de
l’éthique hacker. Pour en savoir plus sur la signification politique du logiciel,
voyez [Garfinkel and Abelson, 1999].
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le système de mémoire virtuelle paginée — qui allait permettre au
PDP-10 de s’affranchir de certaines limitations matérielles de mémoire 9 .
En tant qu’apprenti hacker, Stallman s’enticha rapidement de
l’ITS. Bien qu’inaccessible au commun des non-hackers, le système affichait insolemment des caractéristiques que la plupart de
ses équivalents commerciaux n’offriraient pas avant au moins une
décennie : le multitâche, le lancement du débogueur dès l’exécution
des programmes, ou encore l’édition en mode multiligne pleinécran.
« L’ITS avait un mécanisme interne très élégant permettant
à un programme d’en examiner un autre, se souvient Stallman.
Vous pouviez analyser tous les états d’un autre programme d’une
manière propre et bien détaillée ». Des possibilités non seulement
très pratiques pour le débogage, mais qui permettaient aussi à des
programmes d’en contrôler, démarrer ou stopper d’autres.
Autre fonction appréciée, la possibilité pour un programme de
geler, entre deux instructions, la tâche d’un autre. Sur d’autres
systèmes d’exploitation, une opération semblable aurait pu provoquer un arrêt du programme au beau milieu d’un appel système,
avec un état interne impossible à connaître pour l’utilisateur et
dénué d’une signification déterminée. Grâce à l’ITS, le contrôle
des opérations étape par étape devenait fiable et cohérent.
« Si vous disiez ‘arrête le travail’, le programme s’arrêtait toujours en mode utilisateur. Il s’arrêtait entre deux instructions sur
ce mode, et tout le travail était ordonné jusqu’à ce point-là, raconte Stallman. Si vous disiez ‘reprends le travail’, il continuait
9. Il faut excuser la brièveté de ce résumé de la genèse de l’ITS, un système
d’exploitation que bien des hackers considèrent encore comme le parangon de
l’éthique hacker. Pour en savoir plus sur la signification politique du logiciel,
voyez [Garfinkel and Abelson, 1999].
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