Destituer Dieu
Une formalité supportable en soi, mais frustrante dans son principe. Faire le pied de grue pour un terminal public, tout en sachant qu’une demi-douzaine de machines étaient inutilisées dans
les bureaux fermés à clé des professeurs, paraissait le comble de
l’absurde. Même si Stallman continuait à se rendre occasionnellement dans les labos informatiques de Harvard, il préférait la
politique plus égalitaire du AI Lab au MIT. « C’était une bouffée d’oxygène, dit-il. Ici, les gens semblaient davantage préoccupés
par le travail que par le statut. »
] ] ]
Stallman apprit rapidement que la politique du premier venu,
premier servi du AI Lab était due aux efforts de quelques personnes vigilantes. La plupart d’entre elles venaient du projet
MAC 6 , le programme de recherche subventionné par le Département de la Défense qui avait donné naissance au tout premier système d’exploitation à temps partagé. D’autres étaient déjà des légendes dans le monde de l’informatique, à commencer par Richard
Greenblatt, l’expert maison en langage Lisp et auteur de MacHack,
le programme de jeu d’échecs ayant humilié Hubert Dreyfus, un
détracteur de l’intelligence artificielle. Il y avait aussi Gerald Sussman, l’auteur du programme robotique HACKER pour la résolution de problèmes et la planification. Et il y avait Bill Gosper, le
6. En 1964, l'équipe du projet MAC, ayant déjà développé CTSS, donna
naissance à Multics (Multiplexed Information and Computing Service). La
grande leçon de ce dernier fut de démontrer qu'il était possible de sécuriser
des données et d'optimiser l'utilisation du temps partagé par un système révolutionnaire de mémoire segmentée. Ken Thompson et Dennis M. Ritchie, qui
travaillaient pour Bell sur le projet Multics, développèrent alors une version
nommée Unics, qui deviendra Unix. Elle reprenait les mêmes principes : une
programmation en langage de haut niveau (PL/I pour Multics, C pour Unix),
la même hiérarchie de fichiers, un interpréteur de commande (terminal), ainsi
que l'exécution des processus distincts entre eux et hiérarchisés — NdT.
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Une formalité supportable en soi, mais frustrante dans son principe. Faire le pied de grue pour un terminal public, tout en sachant qu’une demi-douzaine de machines étaient inutilisées dans
les bureaux fermés à clé des professeurs, paraissait le comble de
l’absurde. Même si Stallman continuait à se rendre occasionnellement dans les labos informatiques de Harvard, il préférait la
politique plus égalitaire du AI Lab au MIT. « C’était une bouffée d’oxygène, dit-il. Ici, les gens semblaient davantage préoccupés
par le travail que par le statut. »
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Stallman apprit rapidement que la politique du premier venu,
premier servi du AI Lab était due aux efforts de quelques personnes vigilantes. La plupart d’entre elles venaient du projet
MAC 6 , le programme de recherche subventionné par le Département de la Défense qui avait donné naissance au tout premier système d’exploitation à temps partagé. D’autres étaient déjà des légendes dans le monde de l’informatique, à commencer par Richard
Greenblatt, l’expert maison en langage Lisp et auteur de MacHack,
le programme de jeu d’échecs ayant humilié Hubert Dreyfus, un
détracteur de l’intelligence artificielle. Il y avait aussi Gerald Sussman, l’auteur du programme robotique HACKER pour la résolution de problèmes et la planification. Et il y avait Bill Gosper, le
6. En 1964, l'équipe du projet MAC, ayant déjà développé CTSS, donna
naissance à Multics (Multiplexed Information and Computing Service). La
grande leçon de ce dernier fut de démontrer qu'il était possible de sécuriser
des données et d'optimiser l'utilisation du temps partagé par un système révolutionnaire de mémoire segmentée. Ken Thompson et Dennis M. Ritchie, qui
travaillaient pour Bell sur le projet Multics, développèrent alors une version
nommée Unics, qui deviendra Unix. Elle reprenait les mêmes principes : une
programmation en langage de haut niveau (PL/I pour Multics, C pour Unix),
la même hiérarchie de fichiers, un interpréteur de commande (terminal), ainsi
que l'exécution des processus distincts entre eux et hiérarchisés — NdT.
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