Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
nulle atmosphère feutrée semblant dire : « regardez, mais ne touchez pas. »
Au lieu de cela, Stallman trouva une collection de terminaux
ouverts et de bras robotiques, vraisemblablement les artefacts de
quelque expérience en intelligence artificielle. Lorsqu’il rencontra
un employé du laboratoire, il demanda s’il y avait des manuels
supplémentaires à prêter à un étudiant curieux. « Il y en avait,
mais beaucoup de choses n’étaient pas documentées, se souvient
Stallman. C’étaient des hackers après tout », ajoute-t-il amusé,
en référence à cette tendance qu’ont les hackers de passer à de
nouveaux projets sans prendre le temps de documenter les anciens.
Stallman repartit avec bien plus qu’un manuel : un emploi.
Son premier projet consistait à écrire un simulateur de PDP-11
pouvant tourner sur un PDP-10. Il revint au AI Lab la semaine
suivante, s’accapara un terminal disponible et commença à écrire
le code.
Rétrospectivement, Stallman ne note rien d’inhabituel à la
bonne volonté dont fit preuve le AI Lab en acceptant un novice
au premier coup d’œil. « C’était comme ça à cette époque, ditil. C’est toujours comme ça aujourd’hui. J’embauche volontiers
quelqu’un quand je le rencontre et que je vois qu’il est bon. Pourquoi attendre ? Les gens étouffants, qui insistent pour mettre de la
bureaucratie partout, n’ont rien compris. Si une personne est compétente, elle ne devrait pas avoir à passer par un long et fastidieux
processus d’embauche. Elle devrait être assise à un ordinateur en
train d’écrire du code informatique. »
Pour un avant-goût de ce qu’il appelait la « bureaucratie étouffante », Stallman n’avait eu qu’à visiter les laboratoires informatiques de Harvard. L’accès aux terminaux y était attribué au
compte-gouttes selon le rang académique. En tant qu'étudiant de
premier cycle, il devait parfois attendre jusqu’à quatre heures.
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