Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
contentait pas de construire des demeures luxueuses dans le quartier. »
Ce premier engagement allait s’épanouir et mener à une
plus grande activité politique durant les années 1960. En 1965,
Mme Lippman affichait son soutien à des candidats politiques tel
William Fitts Ryan, un démocrate élu au congrès américain avec
l’aide de clubs réformistes, et l’un des premiers représentants américains à se déclarer ouvertement contre la guerre du Vietnam.
Il fallut peu de temps à Mme Lippman pour qu’elle aussi
s’oppose à l’intervention des États-Unis en Indochine. « J’étais
contre la guerre du Vietnam, déjà au moment de l’envoi des
troupes par Kennedy, dit-elle. J’avais lu les reportages de journalistes qui racontaient les débuts du conflit. J’étais sûre qu’ils
avaient raison de prédire l’enlisement. »
L’opposition à la guerre du Vietnam fit bientôt partie du
quotidien du foyer Stallman-Lippman. En 1967, la mère de Richard s'était remariée. Son nouvel époux, Maurice Lippman, alors
commandant de l’Air National Guard, démissionna de ses fonctions pour marquer son opposition à la guerre. Son fils, Andrew
Lippman, était au MIT et donc encore admissible au sursis étudiant. Mais cette mesure allait bientôt disparaître, et rendait
l’aggravation possible du conflit plus menaçante que jamais. Richard, pourtant plus jeune, risquait lui aussi d'être appelé alors
que la guerre perdurait jusque dans les années 1970.
« La guerre du Vietnam était pour nous un sujet d’inquiétude
constante, raconte Mme Lippman. Nous en parlions tout le temps :
que ferions-nous si la guerre continuait ? Que feraient Richard et
son demi-frère s’ils étaient appelés ? Nous étions tous opposés à
la guerre et à l’incorporation. Nous pensions que cela était tout à
fait amoral. »
52
Précédent

- 75/358

Suivant