Destituer Dieu
résidents les plus riches. Indignée, elle chercha un moyen de combattre cette machine politique qui essayait de transformer son voisinage en clone du quartier chic de New York Upper East Side.
Son premier contact avec le siège local du parti démocrate eut
lieu en 1958, raconte-t-elle. À la recherche d’une garderie pour son
fils, elle fut scandalisée par l’état de l’un des centres municipaux
destiné aux citoyens à faibles revenus. « Tout ce dont je me souviens, c’est de l’odeur de lait tourné, des couloirs sombres, et de
la pénurie d'équipements. J’avais déjà été enseignante dans une
école maternelle privée. Le contraste était énorme. Nous n’avons
jeté qu’un regard dans la salle, et nous sommes partis. J’étais bouleversée. »
Sa visite à l’antenne du parti devait se révéler tout aussi décevante. La décrivant comme « l’éternelle salle enfumée », Mme
Lippman raconte y avoir, pour la première fois, pris conscience
que la corruption au sein du parti était sans doute à l’origine de
l’hostilité à peine voilée de la ville envers les citoyens les moins
nantis. Au lieu de retourner à l'antenne du parti, elle décida de
rejoindre l’un des multiples clubs dont l’objectif était de réformer
le parti démocrate et de renverser les derniers vestiges de la machinerie clientéliste du Tammany Hall. Mme Lippman et son club, le
Woodrow Wilson / FDR Reform Democratic Club, commencèrent
à se présenter aux réunions de planification ainsi qu’au conseil
municipal, comptant bien y être entendus.
« Notre but principal était de combattre le Tammany Hall,
Carmine DeSapio et son acolyte 2 , poursuit Mme Lippman. J'étais
la représentante au conseil municipal et je me suis impliquée dans
la création d’un plan de renouvellement urbain viable, qui ne se
2. Carmine DeSapio a la particularité suspecte d’être le premier patron
italo-américain de Tammany Hall, la machine politique de New York. Pour
plus d’informations sur DeSapio et la politique du New York d’après-guerre,
voyez [Davenport, 1975].
51
résidents les plus riches. Indignée, elle chercha un moyen de combattre cette machine politique qui essayait de transformer son voisinage en clone du quartier chic de New York Upper East Side.
Son premier contact avec le siège local du parti démocrate eut
lieu en 1958, raconte-t-elle. À la recherche d’une garderie pour son
fils, elle fut scandalisée par l’état de l’un des centres municipaux
destiné aux citoyens à faibles revenus. « Tout ce dont je me souviens, c’est de l’odeur de lait tourné, des couloirs sombres, et de
la pénurie d'équipements. J’avais déjà été enseignante dans une
école maternelle privée. Le contraste était énorme. Nous n’avons
jeté qu’un regard dans la salle, et nous sommes partis. J’étais bouleversée. »
Sa visite à l’antenne du parti devait se révéler tout aussi décevante. La décrivant comme « l’éternelle salle enfumée », Mme
Lippman raconte y avoir, pour la première fois, pris conscience
que la corruption au sein du parti était sans doute à l’origine de
l’hostilité à peine voilée de la ville envers les citoyens les moins
nantis. Au lieu de retourner à l'antenne du parti, elle décida de
rejoindre l’un des multiples clubs dont l’objectif était de réformer
le parti démocrate et de renverser les derniers vestiges de la machinerie clientéliste du Tammany Hall. Mme Lippman et son club, le
Woodrow Wilson / FDR Reform Democratic Club, commencèrent
à se présenter aux réunions de planification ainsi qu’au conseil
municipal, comptant bien y être entendus.
« Notre but principal était de combattre le Tammany Hall,
Carmine DeSapio et son acolyte 2 , poursuit Mme Lippman. J'étais
la représentante au conseil municipal et je me suis impliquée dans
la création d’un plan de renouvellement urbain viable, qui ne se
2. Carmine DeSapio a la particularité suspecte d’être le premier patron
italo-américain de Tammany Hall, la machine politique de New York. Pour
plus d’informations sur DeSapio et la politique du New York d’après-guerre,
voyez [Davenport, 1975].
51
