Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
« Le père de Richard et moi-même étions des démocrates, mais
ça s'arrêtait là, raconte madame Lippman, se rappelant leurs années dans le Queens. Nous n’étions guère impliqués dans la politique locale ou nationale. »
Tout changea à la fin des années 1950 lorsqu’Alice divorça de
Daniel Stallman. Le retour à Manhattan fut plus qu’un simple
changement d’adresse : ce fut une nouvelle identité, une nouvelle
indépendance, et la fin brutale de la tranquillité.
« C’est là que mon goût pour l’activisme est né. Lorsque je
me suis rendue à la bibliothèque municipale, alors que nous étions
encore dans le Queens, j’ai constaté qu’il n’y avait qu’un seul livre
sur le divorce, se rappelle-t-elle. La bibliothèque était très encadré
par l’Église catholique, du moins à Elmhurst, où nous vivions.
C’est sans doute la première fois que j’entrevoyais les forces qui
contrôlaient nos vies subrepticement. »
De retour dans les quartiers de son enfance, au nord-ouest de
Manhattan, Mme Lippman fut surprise des changements survenus depuis son départ vers le Hunter College, quinze ans plus
tôt. Après la guerre, l’explosion de la demande en logements avait
transformé le quartier en champ de bataille politique. D’un bord
se tenaient les politiciens municipaux pro-développement et les affairistes prêts à démolir et transformer en bureaux de nombreux
immeubles du quartier pour faire face à l’afflux d’employés en col
blanc. De l’autre, les locataires irlandais et porto-ricains pauvres
qui s’étaient trouvé un refuge abordable dans le quartier.
Au début, Mme Lippman ne savait quel camp choisir. En tant
que nouvelle arrivante, elle se sentait attirée par un logement neuf ;
mais en tant que mère célibataire aux faibles revenus, elle partageait les mêmes difficultés que les plus pauvres des locataires
laissés pour compte d’un nombre croissant de projets destinés aux
50
« Le père de Richard et moi-même étions des démocrates, mais
ça s'arrêtait là, raconte madame Lippman, se rappelant leurs années dans le Queens. Nous n’étions guère impliqués dans la politique locale ou nationale. »
Tout changea à la fin des années 1950 lorsqu’Alice divorça de
Daniel Stallman. Le retour à Manhattan fut plus qu’un simple
changement d’adresse : ce fut une nouvelle identité, une nouvelle
indépendance, et la fin brutale de la tranquillité.
« C’est là que mon goût pour l’activisme est né. Lorsque je
me suis rendue à la bibliothèque municipale, alors que nous étions
encore dans le Queens, j’ai constaté qu’il n’y avait qu’un seul livre
sur le divorce, se rappelle-t-elle. La bibliothèque était très encadré
par l’Église catholique, du moins à Elmhurst, où nous vivions.
C’est sans doute la première fois que j’entrevoyais les forces qui
contrôlaient nos vies subrepticement. »
De retour dans les quartiers de son enfance, au nord-ouest de
Manhattan, Mme Lippman fut surprise des changements survenus depuis son départ vers le Hunter College, quinze ans plus
tôt. Après la guerre, l’explosion de la demande en logements avait
transformé le quartier en champ de bataille politique. D’un bord
se tenaient les politiciens municipaux pro-développement et les affairistes prêts à démolir et transformer en bureaux de nombreux
immeubles du quartier pour faire face à l’afflux d’employés en col
blanc. De l’autre, les locataires irlandais et porto-ricains pauvres
qui s’étaient trouvé un refuge abordable dans le quartier.
Au début, Mme Lippman ne savait quel camp choisir. En tant
que nouvelle arrivante, elle se sentait attirée par un logement neuf ;
mais en tant que mère célibataire aux faibles revenus, elle partageait les mêmes difficultés que les plus pauvres des locataires
laissés pour compte d’un nombre croissant de projets destinés aux
50
