Portrait de Richard en jeune homme
histoire américaine, en chimie, en français et en algèbre, mais un
F retentissant en anglais, conséquence de son boycott continu des
devoirs écrits. De tels couacs donneraient lieu à quelques sourires
entendus au MIT, mais ne seraient pas tolérés à Harvard.
Lorsque son fils fut en première, Mme Lippman prit rendezvous avec un thérapeute. Ce dernier fit tout de suite part de son
inquiétude face au refus de Stallman d’écrire et à ses démêlés avec
les professeurs. Le jeune homme avait certainement les aptitudes
intellectuelles pour réussir à Harvard, mais avait-il la patience de
suivre des cours qui exigeaient la remise de devoirs réguliers ? Le
thérapeute suggéra un galop d’essai. Si Stallman réussissait une
année entière à l’école publique de New York, incluant un cours
d’anglais avec épreuve écrite obligatoire, il pourrait probablement
faire de même à Harvard.
Sa classe de première achevée, Stallman alla s’inscrire à un
cours public d’été, dans le centre ville, et se mit au rattrapage
des cours en sciences humaines qu’il avait boudés au lycée. À
l’automne, il avait rejoint le gros des lycéens new-yorkais, à l’école
Louis D. Brandeis, située dans la 84 e Rue. Il ne lui fut pas facile
de suivre des cours faisant pâle figure face aux études du samedi à
Columbia, mais Mme Lippman se souvient fièrement de la manière
dont son fils sut tenir le cap.
« Il a dû courber l’échine jusqu’à un certain point, mais il
l’a fait, dit-elle. Je n’ai été convoquée qu’une seule fois, ce qui
tenait du miracle. C’était le professeur de mathématiques. Richard
avait interrompu sa leçon. Comme je lui demandais comment il
s’y était pris, il me répondit que mon fils l’avait accusé d’utiliser
une fausse preuve. ‘D’accord, mais avait-il raison ?’ ai-je demandé.
L’enseignant me répondit : ‘Oui, mais je ne peux pas le dire en
classe. Les autres élèves ne comprendraient pas’. »
À la fin de son premier semestre au lycée, les choses se mirent
en place. Un score de 96 en anglais fit oublier les stigmates du 60
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histoire américaine, en chimie, en français et en algèbre, mais un
F retentissant en anglais, conséquence de son boycott continu des
devoirs écrits. De tels couacs donneraient lieu à quelques sourires
entendus au MIT, mais ne seraient pas tolérés à Harvard.
Lorsque son fils fut en première, Mme Lippman prit rendezvous avec un thérapeute. Ce dernier fit tout de suite part de son
inquiétude face au refus de Stallman d’écrire et à ses démêlés avec
les professeurs. Le jeune homme avait certainement les aptitudes
intellectuelles pour réussir à Harvard, mais avait-il la patience de
suivre des cours qui exigeaient la remise de devoirs réguliers ? Le
thérapeute suggéra un galop d’essai. Si Stallman réussissait une
année entière à l’école publique de New York, incluant un cours
d’anglais avec épreuve écrite obligatoire, il pourrait probablement
faire de même à Harvard.
Sa classe de première achevée, Stallman alla s’inscrire à un
cours public d’été, dans le centre ville, et se mit au rattrapage
des cours en sciences humaines qu’il avait boudés au lycée. À
l’automne, il avait rejoint le gros des lycéens new-yorkais, à l’école
Louis D. Brandeis, située dans la 84 e Rue. Il ne lui fut pas facile
de suivre des cours faisant pâle figure face aux études du samedi à
Columbia, mais Mme Lippman se souvient fièrement de la manière
dont son fils sut tenir le cap.
« Il a dû courber l’échine jusqu’à un certain point, mais il
l’a fait, dit-elle. Je n’ai été convoquée qu’une seule fois, ce qui
tenait du miracle. C’était le professeur de mathématiques. Richard
avait interrompu sa leçon. Comme je lui demandais comment il
s’y était pris, il me répondit que mon fils l’avait accusé d’utiliser
une fausse preuve. ‘D’accord, mais avait-il raison ?’ ai-je demandé.
L’enseignant me répondit : ‘Oui, mais je ne peux pas le dire en
classe. Les autres élèves ne comprendraient pas’. »
À la fin de son premier semestre au lycée, les choses se mirent
en place. Un score de 96 en anglais fit oublier les stigmates du 60
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