Portrait de Richard en jeune homme
de sa huitième ou neuvième année. Pour un gamin fasciné par les
sciences et les chiffres, c’était un don du ciel 6 . Bientôt, Stallman
se lança dans la rédaction, sur papier, de programmes basés sur
instructions du 7094. Il n’avait pas d’ordinateur à portée de main
pour les exécuter, ni la possibilité de demander à en utiliser un,
mais il brûlait d’envie d’écrire un programme — n’importe quel
programme. Il demanda même au moniteur de lui suggérer au
hasard quelque chose à coder.
Le premier ordinateur personnel ne devait apparaître qu’une
décennie plus tard, Stallman avait encore quelques années à patienter avant d’accéder à sa première machine. La chance lui sourit
lors de sa dernière année de lycée. Le Centre scientifique IBM de
New York, un pôle de recherche situé en plein Manhattan, et aujourd’hui disparu, allait lui offrir la chance d’écrire son premier
vrai programme. L’idée qu’il avait en tête était d’écrire un préprocesseur rajoutant la convention de sommation en algèbre tensoriel, aux fonctionnalités du langage de programmation PL/I 7 .
« Je l’avais d’abord écrit en PL/I, puis j’ai recommencé en langage
d’assembleur, après m’être aperçu que le programme PL/I compilé
était trop lourd pour l’ordinateur », se souvient-il.
Après l’obtention de son diplôme de dernière année, il fut engagé par le New York Scientific Center. Chargé d’écrire un programme d’analyse numérique en Fortran, il le boucla en quelques
semaines, acquérant au passage un tel dégoût pour ce langage qu’il
jura de ne plus jamais l’utiliser. Il passa le reste de l’été à concevoir
un éditeur de texte en APL (A Programming Language).
Simultanément, Stallman obtint un poste d’assistant de laboratoire au département de biologie de l’université Rockefeller.
6. Athée, Stallman ergoterait probablement sur cette expression (godsend
en anglais). En tout cas il l’accueillit avec enthousiasme. « Aussitôt que j’ai
entendu parler d’ordinateurs, j’ai voulu en voir un, et pouvoir jouer avec. »
7. Le PL/I (Programming Language number 1) est un langage de programmation développé par IBM au début des années 1960.
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