Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
bouleversé, dit-elle. Il était très proche d’eux. Avant leur disparition, il était très extraverti, presqu’un meneur pour les autres
enfants. Après leur mort, il est devenu très renfermé. »
Du point de vue de Stallman, ce repli sur soi était une tentative
pour affronter l’angoisse de l’adolescence. Qualifiant ces années de
« pure horreur », Stallman raconte s’être senti comme un sourd
perdu au milieu d’une bruyante foule de mélomanes.
« J’avais souvent le sentiment de ne pas comprendre ce que
les autres disaient, poursuit-il, se souvenant de son sentiment
d’exclusion. Je comprenais les mots, mais quelque chose se passait
en sous-main, qui m’échappait. Je n’arrivais pas à saisir pourquoi
les gens s’intéressaient à ces choses que d’autres racontaient. »
Malgré toute la souffrance engendrée, l’adolescence aura stimulé Stallman dans l’affirmation de son individualité. À une
époque où ses collègues de classe laissaient pousser leurs cheveux,
Stallman préférait les siens courts. Quand tout le monde se mettait
au rock’n roll, Stallman écoutait de la musique classique. Fervent
amateur de science-fiction, de la revue Mad et des programmes de
nuit, Stallman avait une personnalité atypique, qui plongeait dans
l’incompréhension tant ses camarades que ses parents.
« Ah les jeux de mots ! s’exclame Mme Lippman, exaspérée au
souvenir de l’âge ingrat de son fils. À table, vous ne pouviez pas
dire un mot sans qu’il vous le retourne sous forme de calembour. »
] ] ]
Hors du foyer familial, Stallman réserve ses blagues aux adultes
encourageant son don naturel. L’un d’eux était moniteur au camp
d’été. Il prêta à Stallman un manuel pour l’IBM 7094, au cours
44
Précédent

- 67/358

Suivant