Portrait de Richard en jeune homme
La décennie suivante, Stallman allait passer la semaine chez sa
mère à Manhattan, et le week-end au domicile de son père dans
le quartier du Queens. Ces allers-retours lui permirent d’observer
deux styles d’éducation parentale très différents. Une expérience
qui, jusqu’à présent, l’a fermement convaincu de ne pas élever
d’enfant lui-même.
Sur son père, vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, décédé
début 2001, Stallman oscille entre respect et rancœur. D’un côté, il
y avait l’homme moralement engagé qui allait apprendre le français
pour servir les alliés lorsqu’ils combattraient les nazis en France.
De l’autre, il y avait ce père toujours inventif voire cruel pour
mieux dénigrer 5 . « Mon père avait un horrible tempérament, dit
Stallman. Il ne hurlait jamais, mais trouvait toujours le mot apte
à faire mouche, à vous démolir. »
Concernant la vie chez sa mère, Stallman est moins équivoque.
« C’était la guerre, dit-il. Dans ma désolation, je disais souvent :
‘Je veux rentrer chez moi’ en faisant référence à ce refuge inexistant
que je n’aurais jamais. »
Les premières années après le divorce, Stallman trouva calme
et tranquillité chez ses grands-parents paternels. Mais l'un décéda
lorsque Stallman avait huit ans, et l'autre lorsqu'il en avait dix.
La perte fut dévastatrice pour lui. « Je leur rendais visite, et je
me sentais aimé, choyé, se souvient-il. C’est le seul endroit où j’ai
ressenti ça, jusqu’à mon départ pour l’université. »
Mme Lippman considère le décès des grands-parents de Richard comme le deuxième événement traumatisant. « Il en a été
5. Malheureusement, je n’ai pu interviewer Daniel Stallman pour cet ouvrage. Pendant mes recherches préliminaires, Stallman m’avait informé que
son père souffrait de la maladie d’Alzheimer. Lorsque j’ai repris l’enquête en
2001, j’ai appris avec regret qu’il était décédé plus tôt cette année là.
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La décennie suivante, Stallman allait passer la semaine chez sa
mère à Manhattan, et le week-end au domicile de son père dans
le quartier du Queens. Ces allers-retours lui permirent d’observer
deux styles d’éducation parentale très différents. Une expérience
qui, jusqu’à présent, l’a fermement convaincu de ne pas élever
d’enfant lui-même.
Sur son père, vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, décédé
début 2001, Stallman oscille entre respect et rancœur. D’un côté, il
y avait l’homme moralement engagé qui allait apprendre le français
pour servir les alliés lorsqu’ils combattraient les nazis en France.
De l’autre, il y avait ce père toujours inventif voire cruel pour
mieux dénigrer 5 . « Mon père avait un horrible tempérament, dit
Stallman. Il ne hurlait jamais, mais trouvait toujours le mot apte
à faire mouche, à vous démolir. »
Concernant la vie chez sa mère, Stallman est moins équivoque.
« C’était la guerre, dit-il. Dans ma désolation, je disais souvent :
‘Je veux rentrer chez moi’ en faisant référence à ce refuge inexistant
que je n’aurais jamais. »
Les premières années après le divorce, Stallman trouva calme
et tranquillité chez ses grands-parents paternels. Mais l'un décéda
lorsque Stallman avait huit ans, et l'autre lorsqu'il en avait dix.
La perte fut dévastatrice pour lui. « Je leur rendais visite, et je
me sentais aimé, choyé, se souvient-il. C’est le seul endroit où j’ai
ressenti ça, jusqu’à mon départ pour l’université. »
Mme Lippman considère le décès des grands-parents de Richard comme le deuxième événement traumatisant. « Il en a été
5. Malheureusement, je n’ai pu interviewer Daniel Stallman pour cet ouvrage. Pendant mes recherches préliminaires, Stallman m’avait informé que
son père souffrait de la maladie d’Alzheimer. Lorsque j’ai repris l’enquête en
2001, j’ai appris avec regret qu’il était décédé plus tôt cette année là.
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