Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
« Ma mère avait de brillants cheveux roux, et chaque fois qu’elle
se penchait pour prendre Richard, il poussait un cri. »
Mme Lippman dit s’être documentée ces dernières années sur
l’autisme. Elle croit que ces épisodes sont plus qu’une coïncidence.
« Je sens bien que Richard possède certains traits d’un enfant
autiste, dit-elle. Je regrette que l'autisme ait été si mal connu à
l'époque. »
Avec le temps, cependant, elle reconnaît que son fils a su
s’adapter. À sept ans, raconte-t-elle, il adorait prendre place dans
le wagon de tête du métro, face à la fenêtre, traçant et mémorisant
le plan labyrinthique du réseau de chemins de fer sous la ville. Un
passe-temps qui exigeait de s’accoutumer aux bruits intenses accompagnant chaque trajet en train. « Seul le bruit initial semblait
l’incommoder, raconte-t-elle. C’était comme s’il était choqué par
le son, puis que ses nerfs parvenaient à s’adapter. »
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Le souvenir de Madame Lippman dépeint un garçon animé du
même enthousiasme, de la même énergie et de la même sociabilité
que n’importe quel autre du même âge. Ce n’est qu’après une série
d’événements difficiles ayant ébranlé le foyer familial que son fils
devint, selon elle, introverti et distant.
Le premier de ces événements traumatiques fut le divorce
d’Alice et de Daniel Stallman. Mme Lippman raconte que, bien
qu’elle et son ex-mari aient tenté d’y préparer leur fils, ce choc
n’en fut pas moins destructeur. « Il semblait ne pas prêter attention à ce que nous tentions de lui expliquer, se souvient-elle. Mais
la réalité l’a brutalement rattrapé lorsque nous avons emménagé,
lui et moi, dans un nouvel appartement. La première chose qu’il a
dite fut : ‘Où sont les meubles de papa ?’ »
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