Portrait de Richard en jeune homme
1999 1 . Passé un certain âge, je n’ai plus eu que des enseignants
pour amis ». Si Stallman n’avait pas honte de ces particularités,
il considérait en revanche son inaptitude sociale comme un échec.
En fait, tous deux contribuèrent à son exclusion sociale.
Quoique cela ouvrît la porte à de nouvelles prises de bec à
l’école, Alice Lippman décida d’encourager la passion de son fils. À
douze ans, Richard fréquentait des camps scientifiques l’été, et des
écoles privées au cours de l’année scolaire. Lorsqu’un enseignant lui
recommanda de s’inscrire au Columbia Science Honors Program
(SHP), un programme post-Spoutnik créé pour les étudiants et
collégiens surdoués de la ville de New York, Stallman élargit ses
activités parascolaires et se mit à faire régulièrement la navette en
métro, le samedi, jusqu’au campus de la Columbia University.
Dan Chess, un ancien de ce programme, se rappelle que
Stallman semblait un peu étrange, même au milieu d’une foule
d’étudiants partageant la même fascination pour les sciences et les
mathématiques. « Nous étions tous des nerds et des geeks, mais il
était particulièrement mal adapté, se souvient Chess, maintenant
professeur de mathématiques au Hunter College. Il était aussi incroyablement intelligent. J’ai rencontré bien des gens intelligents
dans ma vie, mais je crois que c’est le plus intelligent de tous. »
Seth Breidbart, qui suivait lui aussi ce programme, abonde
dans ce sens. Programmeur informatique resté en contact avec
1. L’une des principales sources documentaires de ce chapitre est l’interview
« Richard Stallman : lycéen marginal, symbole du logiciel libre, génie certifié
MacArthur » (« Richard Stallman : High School Misfit, Symbol of Free Software, MacArthur-Certified Genius ») de Michael Gross, auteur du livre Talking
About My Generation (Discussions sur ma génération), un recueil d’entrevues
avec plusieurs personnalités de la génération « Baby Boom ». Bien que Stallman n’apparaisse pas dans l’ouvrage, Gross a publié le compte rendu de la
rencontre sur le site Internet du livre en tant que supplément virtuel. L’URL
de cette entrevue a changé plusieurs fois depuis que je l’ai consultée, mais
plusieurs lecteurs en ont rapporté la disponibilité (voir la référence bibliographique) : [Gross, 2000].
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