Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
mathématique depuis ses sept ans, Stallman ne voyait pas la nécessité de simplifier son discours avec les adultes. Un jour, sa mère
engagea un étudiant de l’université de Columbia toute proche pour
jouer le rôle de grand frère. L’étudiant quitta l’appartement après
la première session, et ne revint jamais. « Je pense que Richard lui
parlait de choses qui lui passaient au-dessus de la tête », dit-elle.
Une des anecdotes favorites de Mme Lippman remonte au début des années 1960, peu après l’épisode du casse-tête. Vers ses
sept ans, soit deux années après le divorce et le déménagement,
Richard se prit d’intérêt pour le lancement de fusées miniatures,
dans le parc de Riverside Drive. Ce qui avait commencé comme un
jeu anodin prit bientôt un tout autre aspect quand le garçon commença à consigner les résultats de chaque lancement. Tout comme
son intérêt pour les jeux mathématiques, ce passe-temps n’attira
guère l’attention de Mme Lippman, jusqu’au jour où elle demanda
à son fils s’il voulait regarder la retransmission d’un lancement important de la NASA.
« Il enrageait littéralement, dit-elle. Tout ce qu’il put dire fut :
‘Mais, je n’ai encore rien publié’. Apparemment, il avait rédigé
quelque chose qu'il voulait réellement montrer à la NASA ». Stallman, quant à lui, ne se souvient pas de l’incident et croit plus
probable que son angoisse était due au fait qu’il n’avait précisément rien à montrer.
Ces anecdotes constituent un premier témoignage de l’intensité
intellectuelle qui allait devenir la marque de Stallman tout au long
de sa vie. Quand les autres enfants venaient à table, Stallman
restait lire dans sa chambre. Quand ils se prenaient pour Johnny
Unitas, ce célèbre footballeur américain des années 1950, Stallman
jouait, lui, à l'astronaute. « J’étais bizarre, dit Stallman, résumant
brièvement sa jeunesse, lors de l’interview de Michael Gross en
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