2001, l'odyssée d'un hacker
Pour les néophytes, Stallman se lance, en guise d’échauffement,
dans une rapide analogie. Il compare un logiciel à une recette de
cuisine : les deux donnent d’utiles instructions, pas à pas, pour
accomplir une tâche souhaitée. Ils peuvent être aisément modifiés
en fonction des désirs spécifiques de l’usager, ou de circonstances
particulières. « Vous n’avez pas à suivre une recette avec précision,
note Stallman. Vous pouvez laisser de côté certains ingrédients.
Ajouter quelques champignons parce que vous en raffolez. Mettre
moins de sel car votre médecin vous le conseille — peu importe. »
« De surcroît, poursuit-il, logiciels et recettes sont faciles à partager. En donnant une recette à un invité, un cuisinier n’y perd
que du temps et le coût du papier sur lequel il l’inscrit. Partager
un logiciel nécessite encore moins, habituellement quelques clics
de souris et un minimum d’électricité. Dans tous les cas, la personne qui donne l’information y gagne deux choses : davantage
d’amitié et la possibilité de récupérer en retour d’autres recettes
intéressantes. »
Stallman monte d’un cran : « Imaginez que les recettes soient
emballées dans des boîtes noires. Vous ne pourriez pas connaître
les ingrédients utilisés, encore moins les changer. Et si vous en
faisiez une copie pour un ami, ils vous qualifieraient de pirate et
essaieraient de vous faire emprisonner des années durant. Un tel
changement susciterait un énorme scandale chez les gens ayant
l’habitude de partager des recettes. Mais c’est exactement ce que
nous impose le monde du logiciel propriétaire. Un monde dans
lequel la bienséance commune envers les autres est prohibée ou
empêchée. »
Après avoir posé cette analogie en introduction, Stallman se
lance une nouvelle fois dans le récit de l’épisode de l’imprimante
laser Xerox. À l’instar de l’analogie culinaire, l’histoire de
l’imprimante est un procédé rhétorique fort utile. Structurée
comme une parabole, elle illustre la volatilité des choses dans le
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