Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
assister à de tels éclats, tels des amateurs des émissions de radio de Jack Benny attendant sa traditionnelle réplique : « Maiiiis
arrêêête çaaa ! ».
Uretsky se hâte de clore son introduction et cède la scène à
Edmond Schonberg, professeur au département de sciences informatiques de l’université de New York. Programmeur et contributeur au projet GNU, Schonberg sait quels pièges linguistiques
éviter. Il résume adroitement la carrière de Stallman, celle d’un
programmeur des temps modernes.
« Richard est le parfait exemple de quelqu’un qui, en agissant
localement, a commencé à penser globalement les problèmes liés
à l’inaccessibilité des codes source. Il a développé une philosophie
cohérente qui nous contraint tous à réexaminer nos idées sur la
manière dont les programmes sont produits, sur la signification de
la propriété intellectuelle 9 et sur ce que représente en réalité la
communauté du logiciel. »
Schonberg invite Stallman sous les applaudissements redoublés. Ce dernier prend un moment pour éteindre son portable, se
lève puis monte sur scène.
Au départ, l’allocution de Stallman est plus proche d’un numéro comique de Catskills que d’un discours politique. « J’aimerais
remercier Microsoft de m’avoir donné l’opportunité d’être présent
sur cette estrade, ironise-t-il. Depuis ces dernières semaines, je me
suis senti comme un auteur dont les livres ont été fortuitement
interdits quelque part. »
] ] ]
9. Si ce discours avait eu lieu de nos jours, Stallman s’opposerait à l’emploi
de l’expression « propriété intellectuelle », qu’il considère source de confusion
([Stallman, 2008]).
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