Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Enfin, l’adjectif « privateur » exprime bien la privation de liberté — celle induite par le fait de ne pas
rendre libre un programme. Quant à l’adjectif « privatif », il accentuerait encore la confusion évoquée plus haut.
1. Voir également la définition donnée par l’Association pour la promotion et la recherche en informatique libre (APRIL) : http://www.
april.org/articles/intro/privateur.html.
Le fait que Xerox faisait preuve de générosité envers certains programmeurs, en échange de leur discrétion était également exaspérant, — Stallman reconnaît toutefois qu’il aurait peutêtre accepté l’offre dans sa jeunesse — fût-ce à ce prix. Cela dit,
l’entretien de Carnegie Mellon avait éveillé en lui une colère qui
allait le forcer à abandonner son indolence morale et à considérer
désormais avec suspicion tous les marchandages du même acabit.
Cela l’avait aussi amené à pousser le raisonnement jusqu’au bout :
et s’il arrivait qu’un ami hacker surgisse dans son bureau pour lui
demander le code source et que, du jour au lendemain le travail
de Stallman consiste à le lui refuser ?
« Je fus à mon tour invité à trahir mes collègues de la même
façon, et je me suis alors souvenu de la colère que j’avais ressentie
lorsque c’était nous qui étions trahis, le labo et moi, dit Stallman.
Alors j’ai répondu : ‘Je vous remercie beaucoup pour cette superbe
collection de logiciels, mais je ne peux l’accepter aux conditions
demandées, je vais donc m’en passer’. »
] ] ]
Stallman n’oublierait pas la leçon au cours des tumultueuses
années 1980, une décennie durant laquelle de nombreux collègues
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