Une histoire d'imprimante
du MIT quittèrent le AI Lab et signèrent eux-mêmes des clauses
de confidentialité. Certains se dirent sans doute que c’était un mal
nécessaire leur permettant de travailler sur les meilleurs projets.
Pour Stallman au contraire, la simple signature d’une telle clause
annulait toute légitimité d’un point de vue moral. À quoi bon
un projet techniquement passionnant s’il ne peut bénéficier à la
communauté ?
Comme Stallman devait très vite l’apprendre, refuser de telles
offres représentait davantage qu’un sacrifice matériel. Cela allait
le conduire à s’isoler des autres hackers qui, partageant la même
aversion pour la rétention d’information, tendaient à l’exprimer
avec plus de flexibilité morale.
Pour Stallman, refuser de partager un code source avec un
confrère revenait non seulement à trahir la mission scientifique
sous-tendant le développement logiciel depuis la fin de la Seconde
Guerre mondiale, mais aussi à violer la règle d’or fondant toute
morale : « ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas
qu’on vous fît ».
Ainsi l’épisode de l’imprimante laser et l’entrevue qui en découla eurent-ils leur importance. Sans cela, nous dit Stallman,
sa vie aurait peut-être suivi un chemin plus ordinaire, alliant le
confort matériel d’un programmeur de logiciels commerciaux et la
frustration suprême d’une vie passée à écrire des codes invisibles.
Une vie dénuée de ce sentiment d'évidence, de cette urgence à résoudre un problème auquel personne d'autre ne s’attaquait. Plus
important encore, il n’y aurait pas eu cette grande et juste colère
qui, comme nous le verrons bientôt, devait animer son action aussi
sûrement qu’une idéologie politique ou une croyance morale.
« J’ai décidé de ne jamais me rendre complice de ce système »,
dit Stallman, faisant référence à la fois au mécanisme de la clause
de confidentialité (qui à ses yeux revient à « brader sa liberté
15
du MIT quittèrent le AI Lab et signèrent eux-mêmes des clauses
de confidentialité. Certains se dirent sans doute que c’était un mal
nécessaire leur permettant de travailler sur les meilleurs projets.
Pour Stallman au contraire, la simple signature d’une telle clause
annulait toute légitimité d’un point de vue moral. À quoi bon
un projet techniquement passionnant s’il ne peut bénéficier à la
communauté ?
Comme Stallman devait très vite l’apprendre, refuser de telles
offres représentait davantage qu’un sacrifice matériel. Cela allait
le conduire à s’isoler des autres hackers qui, partageant la même
aversion pour la rétention d’information, tendaient à l’exprimer
avec plus de flexibilité morale.
Pour Stallman, refuser de partager un code source avec un
confrère revenait non seulement à trahir la mission scientifique
sous-tendant le développement logiciel depuis la fin de la Seconde
Guerre mondiale, mais aussi à violer la règle d’or fondant toute
morale : « ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas
qu’on vous fît ».
Ainsi l’épisode de l’imprimante laser et l’entrevue qui en découla eurent-ils leur importance. Sans cela, nous dit Stallman,
sa vie aurait peut-être suivi un chemin plus ordinaire, alliant le
confort matériel d’un programmeur de logiciels commerciaux et la
frustration suprême d’une vie passée à écrire des codes invisibles.
Une vie dénuée de ce sentiment d'évidence, de cette urgence à résoudre un problème auquel personne d'autre ne s’attaquait. Plus
important encore, il n’y aurait pas eu cette grande et juste colère
qui, comme nous le verrons bientôt, devait animer son action aussi
sûrement qu’une idéologie politique ou une croyance morale.
« J’ai décidé de ne jamais me rendre complice de ce système »,
dit Stallman, faisant référence à la fois au mécanisme de la clause
de confidentialité (qui à ses yeux revient à « brader sa liberté
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