Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
victimes, déclare-t-il. En l’occurrence, j’en étais la victime ; [mon
labo et moi] nous en étions les victimes. » Stallman poursuit :
« S’il avait refusé sa collaboration pour des raisons personnelles,
j'en serais resté là. Je l’aurais sans doute considéré comme un
imbécile, mais sans plus. Ce qui rendait l’enjeu important était le
caractère systématique et impersonnel de son refus, le fait qu’il
s’était engagé d’avance à ne coopérer ni avec moi ni avec aucune
autre personne. C'est cela qui a rendu l'enjeu important. »
Si la rencontre de Carnegie Mellon n’était pas le premier événement à provoquer ses foudres, elle fit réaliser à Stallman la menace
qui pesait sur une culture qu’il tenait pour sacro-sainte. « J’avais
déjà le sentiment que les logiciels devaient être partagés, mais
sans l’avoir jamais clairement formulé. Mes idées sur la question
n’étaient alors pas assez claires ni organisées pour pouvoir les exprimer au reste du monde de manière concise. C’est cet incident
qui m’a fait prendre conscience de l’importance de l’enjeu. »
Appartenant à l’élite des programmeurs dans l’une des
meilleures institutions au monde, Stallman se souciait peu
des compromis et marchandages de ses collègues, tant qu’ils
n’interféraient pas avec son travail. Il s’en était tenu à considérer
avec dédain ces machines et ces programmes que d’autres toléraient en maugréant…
Ce, jusqu’à l’arrivée de l’imprimante laser de Xerox, qui provoqua un changement imperceptible mais profond : si la machine
fonctionnait très bien, malgré des bourrages épisodiques, la possibilité d’en modifier le programme à son goût ou selon des besoins
communs, avait disparu.
Pour l’industrie logicielle toute entière, la rétention
d’information autour des pilotes d’impression annonçait un
changement radical de stratégie commerciale. Le logiciel était
devenu un actif d’une valeur telle qu’il n’était plus question d’en
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victimes, déclare-t-il. En l’occurrence, j’en étais la victime ; [mon
labo et moi] nous en étions les victimes. » Stallman poursuit :
« S’il avait refusé sa collaboration pour des raisons personnelles,
j'en serais resté là. Je l’aurais sans doute considéré comme un
imbécile, mais sans plus. Ce qui rendait l’enjeu important était le
caractère systématique et impersonnel de son refus, le fait qu’il
s’était engagé d’avance à ne coopérer ni avec moi ni avec aucune
autre personne. C'est cela qui a rendu l'enjeu important. »
Si la rencontre de Carnegie Mellon n’était pas le premier événement à provoquer ses foudres, elle fit réaliser à Stallman la menace
qui pesait sur une culture qu’il tenait pour sacro-sainte. « J’avais
déjà le sentiment que les logiciels devaient être partagés, mais
sans l’avoir jamais clairement formulé. Mes idées sur la question
n’étaient alors pas assez claires ni organisées pour pouvoir les exprimer au reste du monde de manière concise. C’est cet incident
qui m’a fait prendre conscience de l’importance de l’enjeu. »
Appartenant à l’élite des programmeurs dans l’une des
meilleures institutions au monde, Stallman se souciait peu
des compromis et marchandages de ses collègues, tant qu’ils
n’interféraient pas avec son travail. Il s’en était tenu à considérer
avec dédain ces machines et ces programmes que d’autres toléraient en maugréant…
Ce, jusqu’à l’arrivée de l’imprimante laser de Xerox, qui provoqua un changement imperceptible mais profond : si la machine
fonctionnait très bien, malgré des bourrages épisodiques, la possibilité d’en modifier le programme à son goût ou selon des besoins
communs, avait disparu.
Pour l’industrie logicielle toute entière, la rétention
d’information autour des pilotes d’impression annonçait un
changement radical de stratégie commerciale. Le logiciel était
devenu un actif d’une valeur telle qu’il n’était plus question d’en
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